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Mercredi 8 mai 2013 3 08 /05 /Mai /2013 00:00

 

      Cake au citron PH

 

 

Depuis la fin du mois de mars, j'ai complètement décroché du boulot et de mes préoccupations habituelles. Comme vous l'aurez constaté, le blog est resté en friche... Je me suis lancée depuis quelque temps dans la fabrication des yaourts maison et toute mon activité culinaire se résume, en gros, à faire tourner la yaourtière.

Cette période a été occupée par un gros (remue-)ménage de printemps dans les relations familialesAvec Miss K., demi-soeur de mini K., la joie de faire enfin la paix. Et d'apprendre à mieux se connaître. Il aura fallu quinze ans, 16 000 km de distance et 12h de décalage horaire.


Simultanément, la découverte fortuite des manipulations d'une belle-soeur en qui j'avais toute confiance, visant à alimenter l'idée que l'Homme (son frère, donc) aurait mérité mieux que de se faire épouser par une femme atteinte d'autisme (vous m'aurez forcément reconnue).

Avis aux auteurs de Plus belle la vie : s'ils cherchent des idées de scénarios pour les prochains épisodes, j'ai de la matière croustillante à fournir... 

Il y a dix ans, exactement au même moment de l'année, entre fin mars et avril, cette situation familiale compliquée nous avait conduits, l'Homme et moi, à une séparation temporaire. Le 8 mai 2003, nous nous étions rencontrés par hasard à la FNAC Saint-Lazare. Nous avions déjeuné ensemble. Nous nous étions balancé à la figure ce que nous avions sur le coeur et étions repartis fâchés. Enfin, surtout moi. Quatre jours plus tard, l'Homme me suppliait de lui accorder un moment de discussion supplémentaire. Cette fois, nous sommes repartis main dans la main. Cela fait dix ans que nous faisons à nouveau route ensemble. Parce que c'est ainsi. Parce que c'est lui, parce que c'est moi.

 

  

********

 

 

La recette du jour a fait depuis longtemps la tournée des blogs culinaires : géniale et toute simple. C'est le cake au citron de Pierre Hermé. Une texture fine, légère, ni sèche, ni compacte. Une saveur très citronnée.

Mini K. n'aime pas beaucoup le goût du citron, j'avoue que cela m'arrange. Je ne suis pas obligée de remplacer le rhum par un parfum non alcoolisé (le rhum est essentiel dans ce cake). A la place et pour ne pas qu'elle devienne aussi culinairement snob que sa mère, je lui fais découvrir les choses simples de la vraie vie bonbons Krema, fraises Tagada, et tutti quanti ;-)

M'enfin je crois que le mal est déjà fait : cette chère petite fille préfère quand même les macarons moelleux de sa maman ou les mini figues sèches "Calabacita" (mot à mot : petite calebasse) que j'achète en magasin bio.  


 

Le cake au citron de Pierre Hermé

 

Cake au citron PH2

 

 

Pour 2 moules à cake de 19cm x 9 cm x 6.5 de hauteur :

- 375g de farine T45
- 3/4 de cc de levure chimique
- le zeste de 3 citrons bios finement râpés
- 400g de sucre (à mon avis 370g sont amplement suffisants compte tenu du sirop d'imbibage)
- 6 œufs moyens à température ambiante
- 190g de crème fleurette
- 3,5 cs de rhum blanc
- 1 pincée de sel
- 135g de beurre doux fondu ou de beurre clarifié. 

 

Sirop d'imbibage :

- 150g d'eau
- 65g de sucre
- 2cs de jus de citron

 

1. Dans le bol du robot frottez entre vos doigts les zestes de citron râpés et le sucre. Laissez reposer 10min pour que le sucre se parfume. Préchauffez le four à 160° C. Si vous n'utilisez pas de moules en silicone, beurrez et  farinez les moules en prenant soin d'enlever l'excédent de farine. Tamisez la levure et la farine.

2. Quand le sucre a bien reposé, ajoutez-y les œufs et fouettez l'ensemble pendant 5min. L'appareil doit être mousseux et pâle. Ajoutez dans l'ordre, la crème fleurette, le rhum puis le sel. Fouettez pour bien mélanger tous les éléments. Incorporez la farine en 3 fois pour obtenir un mélange épais et onctueux. Ajoutez alors lentement le beurre refroidi.

3. Remplissez sans attendre les moules et enfournez pendant une heure en vérifiant le bon degré de cuisson à l'aide d'une pique.

4. Pendant la cuisson des cakes, préparez le sirop d'imbibage : portez à peine à ébullition le sucre et l'eau juste pour faire fondre le sucre. Laissez refroidir et ajoutez alors 2 belles cs de jus de citron fraîchement pressé.

5. Démoulez les cakes sur une grille. Si vous avez choisi de les imbiber de sirop badigeonnez-les à ce moment, pris laissez-les refroidir. Vous pouvez aussi les glacer : portez à ébullition dans une casserole ou plus simplement au micro-ondes, 250g de marmelade de citron. Passez-la au chinois puis avec un grand pinceau à pâtisserie, badigeonnez toute la surface des cakes sauf le fond d'une fine couche de glaçage. Laissez sécher avant de déguster. 


Bien emballés dans du film alimentaire, ces cakes se conservent une semaine. Vous pouvez évidemment diviser les proportions par deux pour n'en faire qu'un à la fois...

 

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Laissez votre grain de sel - 3 petits grains de sel
Publié dans : Des (gros) gâteaux
Vendredi 29 mars 2013 5 29 /03 /Mars /2013 12:00
Pomme fleur 2

La semaine dernière, je suis partie deux jours en Périgord.
Tourisme ? Gastronomie ? Que nenni !

Deux jours aux archives départementales de la Dordogne et aux archives diocésaines de Périgueux, à compulser de vieux parchemins, à traquer les notations musicales, à déchiffrer, analyser, comparer les mélodies. Photographier de gros pavés peu avenants et qui ont beaucoup souffert au fil des siècles, mais qui recèlent de magnifiques surprises. 


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Immense privilège que d'avoir tous ces manuscrits à mon entière disposition. Travailler dans une salle aveugle, au sous-sol, déconnectée du reste du monde, ça ne me dérange pas. Ces sessions de travail intense sont ma dolce vita à moi. Mes bouffées de liberté. Mes nourritures intellectuelles.  

Loin des contraintes horaires et des basses besognes. 

Loin des travaux qui ont envahi la maison depuis 6 mois : pas vraiment drôle au quotidien, quand on n'a pas d'autre bureau que chez soi. 

Loin des petits caprices de mini K. : le collant mal ajusté, les manches qui remontent, les chaussures qui ne sont pas assez souples, la chaise trop près de la table, la tasse de chocolat trop chaude, la confiture qui n'est pas rose ou rouge, l'assiette de légumes quelle qu'elle soit, les pâtes qui n'ont pas la forme souhaitée, le plateau de fromages trop peu garni, la crème à la vanille sans caramel, le verre d'eau pas assez plein pour la soif, mais suffisamment pour inonder la table à chaque repas... Sans oublier le meilleur : les séances de coiffure ! 

Un ou deux jours off de temps à autre, c'est du pain béni. Pas besoin de partir en vacances à l'autre bout de la planète.  


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**************

Le pépiement matinal des oiseaux semble inviter le printemps à s'installer. Le jardin s'éveille : crocus, violettes, jonquilles, jacinthes, anémones, primevères sont sorties de terre. N'empêche, le printemps s'en fiche. Ce matin, il neigeait copieusement à Poitiers. Cela n'a pas tenu. Maintenant, il pleut et le ciel est bien bas.

Au marché, le choix en matière de fruits se restreint... sauf si on s'offre des garriguettes hors de prix, poussées dans des conditions météorologiquement surnaturelles. On mange un peu toujours les mêmes choses. Sauf à aller chercher les fruits tropicaux, il faut se contenter des derniers agrumes (mais les maltaises de Tunisie et les mandarines israéliennes sont délicieuses) et de quelques variétés de poires et de pommes... lesquelles sont de moins en moins bonnes.
Mais bonnes à cuire. D'où la tarte tatin de l'autre jour.

Aujourd'hui, j'ai repris une idée d'Alain Passard : détailler des pommes en longs rubans enroulés sur eux-mêmes en forme de roses. Passard fait cela en version tarte. Je me suis contentée de réutiliser la technique pour faire de jolies pommes au four. Quand j'étais enfant, mes parents ajoutaient souvent un peu de gelée de groseille sur les pommes au four. J'aime bien retrouver ce goût acidulé. Cela change de la cannelle, de la vanille ou du caramel... dont j'ai usé et absusé ces derniers temps. Mini K. adore : d'accord, il n'y a pas de caramel, mais c'est rose-rouge et joli à voir. Alors tout va bien.




Pommes-fleurs à la gelée de groseille

Pomme fleur 3



Pour 4 personnes 

- 4 belles pommes de saison à chair ferme, pas trop juteuses (Golden, Tentation, Gold Rush). important : si la chair est molle et les pommes trop juteuses, vous n'y arriverez pas. Si la chair est farineuse (Canada), ça ne tiendra pas à la cuisson. 
- 4 cs d'eau
- 3 cs de sucre
3 cs de gelée de groseilles
- 20g de beurre
      
Outillage : 

- un épluche-légumes de type Zyliss (le mien est dentelé, comme vous pouvez le voir sur les photos ; s'il ne l'est pas, c'est sans doute mieux sur le plan esthétique).


1. Pelez les pommes et détaillez-les à l'aide de l'économe en lanières aussi longues que possible, en les tournant sur elles-mêmes, jusqu'à arriver au trognon. Puis enroulez les lanières obtenues de façon à former de jolies roses. Vous verrez, c'est un coup de main à prendre... vous risquez de gâcher quelques pommes au départ. Disposez le tout dans un moule à gratin, ou faites des portions individuelles en ramequin. 

2. Préchauffez le four à 150°C. Dans une casserole, portez à ébullition le sucre et l'eau. Hors du feu, ajoutez la gelée de groseille et le beurre. Fouettez un peu pour homogénéiser. Versez ce jus en filet sur les pommes en prenant soin de bien le répartir sur les lanières. 

3.
Faites cuire 1h à 150°C, sans couvrir le plat ou les ramequins. En cours de cuisson, récupérez le jus et reversez-le sur les pétales des fleurs. Si jamais le bord des pétales se déssèche (normalement cela ne devrait pas être le cas avec une température aussi douce), couvrez le plat pendant le dernier 1/4 d'heure de cuisson. Les pommes seront cuites, mais leur consistance reste ferme. Si vous les préférez plus fondantes, faites cuire 45 minutes à 180°C en surveillant bien qu'elles ne se déssèchent pas.




Laissez votre grain de sel - 7 petits grains de sel
Publié dans : Des fruits
Mardi 12 mars 2013 2 12 /03 /Mars /2013 05:40

 

Il y a plusieurs mois que j'avais repéré la recette, revue par Philippe Conticini, d'un classique parmi les classiques : la tarte tatin.

TatinConticini2-copie-2.JPG

Up and down, disait la journaliste du Nouvel Obs à propos de cette tarte. Sur le moment, l'expression m'avait un peu irritée. Tant qu'à se la jouer avec un titre en anglais, deux mots auraient suffi : upside down serait plus idiomatique. Upside down apple pie : pour une fois, l'anglais est moins concis que le français. 

En fait, il y a deux versions de cette tarte revue par le Pâtissier des rêves. Je m'en suis tenue à celle du livre Sensations paru il y a quelques années déjà. La version vantée par le Nouvel Obs est tirée d'un opus tout récent de Philippe Conticini, Best of. Elle est plus sophistiquée, avec sa pâte feuilletée cuite à part et son crumble aux noisettes en guise de trottoir. Lyriquement divine, selon les mots de la journaliste... Ne me demandez pas de vous expliquer le sens profond de ce gargarisme langagier.

 Il est bien tôt pour écrire un billet de blog, mais je n'arrive pas à fermer l'oeil, j'ai mal au crâne, les tripes nouées, comme toutes les nuits depuis longtemps. Trop longtemps. J'essaie de trouver une activité pour faire diversion... lorsque je ne suis pas en état de bosser sérieusement. La vie est un peu upside down en ce moment, mais sans la douceur crousti-fondante de la tatin de Conticini.


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Cette recette est très facile à réaliser. Il faut simplement s'y prendre un jour à l'avance, c'est la seule contrainte, ou plutôt l'avantage de cette tarte : quand on reçoit, cela simplifie les préparatifs de dernière minute. 

Le secret ? Les pommes sont détaillées à la mandoline, elles s'imprègnent progressivement d'un sirop vanillé et d'un caramel, ce qui donne le joli dégradé brun-ambré que vous pouvez voir sur les photos. Résultat fondant, mais pas défait, comme cela se produit parfois, lorsqu'on met de gros quartiers de fruits. Il faut choisir une variété qui se tient à la cuisson et qui est riche en pectine : Philippe Conticini préconise la Golden. Je ne suis pas une fan de cette pomme, je n'en achète quasiment jamais. J'ai opté ici pour des pommes Gold rush, qui sont une de ces nouvelles variétés issues de la Golden, mais en version améliorée (plus croquante, plus acidulée, plus parfumée). Des "Golden Tentation", autre variété devenue assez courante dans les supermarchés, donnent d'aussi bons résultats pour cette recette. 

Servez cette tarte froide plutôt que tiède, sans chantilly ni glace vanille, ni accessoires inutiles. Elle se suffit à elle-même. A la limite, une cuillérée de crème crue épaisse et point barre. Il faut profiter pleinement du goût acidulé des pommes, de la douceur du caramel et du parfum beurré de la pâte feuilletée. Enfin, c'est mon avis... vous ferez comme bon vous semble. 

 

 

La tarte tatin selon Philippe Conticini 

 

TatinConticini5.JPG

 

Pour 1 moule de 20/22cm de diamètre et 4 cm de hauteur (4-6 personnes)

Pensez à garnir le moule de papier cuisson ou d'une feuille silicone pour faciliter le démoulage ; sauf si vous utilisez un moule en silicone. Essayez dans un moule carré ou rectangulaire : c'est pas mal non plus, pour une présentation différente.

 

- 7 pommes de type Golden, Gold rush ou Golden tentation

 - 1 cercle de pâte feuilletée maison (ou chez le boulanger ; ou une pâte du commerce mais pur beurre) de 26 cm de diamètre environ.


Pour le caramel
- 80 g de sucre blanc
- 20 g d’eau
- 20 g de sirop de glucose (si vous n'en avez pas, ne mettez que du sucre)

 

Pour le sirop d'imbibage des pommes
- 20 g d’eau
- 25 g de sucre
- 20 g de beurre
- 1 cuil. à soupe de jus de citron
- 1 pincée de fleur de sel
- les graines d’une gousse de vanille

 

1. La veille, préparez le caramel. Dans une casserole, faites chauffer l’eau, le sucre et le glucose, jusqu’à ce que le caramel soit ambré, ne le laissez pas trop foncer, sinon, il sera amer. Versez dans le moule puis bougez-le afin de répartir uniformément. Le caramel va durcir puis fondre à nouveau pendant la cuisson des pommes.

 

2. Préparez le sirop. Dans une casserole portez eau et sucre à l’ébullition, retirez du feu, ajoutez le jus de citron, les graines de vanille, la fleur de sel et le beurre. Mélangez au fouet ou encore mieux au mixeur plongeur.

 

3. Préparez les pommes. Préchauffez votre four à 170°C. Epluchez les pommes, puis détaillez-les à la mandoline en tranches très fines (2 mm d'épaisseur maxi). Disposez les tranches de pommes dans le moule en rosace et en plusieurs couches, jusqu’au bord du moule. Arrosez avec le sirop puis enfournez pour 45 minutes. Sortez du four et laissez refroidir. Réservez au frais jusqu'au lendemain en retournant le moule : pour que les pommes ne tombent pas, tapissez de film alimentaire et posez le moule retourné sur une assiette légèrement plus petite que le diamètre du moule.

 

4. Le lendemain, plusieurs heures avant de servir la tarte, préchauffez le four à 180°C. Sortez les pommes du régrigérateur, retournez le moule, piquez la pâte et posez-la sur les pommes. Insérez la pâte entre les pommes et le bord du moule en vous servant du manche d’une petite cuillère. Enfournez pour 25 à 30 minutes à 180°C, jusqu’à ce que la pâte soit bien dorée. Laissez  refroidir à température ambiante dans le moule. Retournez la tarte sur un plat de service 30 minutes avant de servir. Si vous avez utilisé un moule en silicone ou si vous avez tapissé votre moule de papier cuisson ou d'une feuille silicone, aucun souci pour le démoulage. 

 

 

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Laissez votre grain de sel - 12 petits grains de sel
Publié dans : Des tartes sucrées
Lundi 11 février 2013 1 11 /02 /Fév /2013 21:00

 

Truffe-3.JPG 

 

 

De surprise en surprise, la semaine est passée vite, trop vite. Grandes et petites surprises, événements inattendus... Non, il ne sera question ni de Benoît XVI, ni des lasagnes au cheval roumain. Les surprises sont à l'aune de ma petite vie provinciale.

 

Mercredi, en arrivant à l'Université, je trouve un colis. Comme je n'attends ni mémoire ni thèse et que le paquet est bien trop léger pour contenir un truc de ce genre, je suis perplexe. Le nom de l'expéditrice ne m'est pas inconnu, mais je n'arrive pas à relier ce nom à un contexte précis. J'ouvre et tombe sur une boîte de madeleines au décor délicieusement suranné, ainsi qu'un petit débardeur en laine et soie. La vue des madeleines suffit à réveiller des souvenirs précis : c'est Elisabeth, une lectrice fidèle et discrète, qui s'est émue de mon dernier billet. Une surprise attentionnée est sans aucun doute le plus beau des cadeaux.


 

Madeleine-Liverdun.JPG

 

J'ai fait la connaissance d'Elisabeth il y a plusieurs années, suite à un échange de messages au sujet des recettes de madeleines (ici,  ou ). Elle m'avait parlé de celles de Liverdun. En quoi étaient-elles différentes des madeleines de Commercy, par exemple ? Maintenant que j'ai goûté les "véritables madeleines de Liverdun", je peux vous dire qu'elles sont uniques en leur genre. Au départ, on est surpris par le côté un peu sec voire croquant du biscuit. Ce n'est pas la pâtisserie moelleuse, beurrée, un peu collante en bouche dont on a l'habitude. La madeleine de Liverdun est toute légère. Point de gras ni d'humidité. Son bon goût d'oeufs, son parfum légèrement citronné rappellent de loin la saveur des biscuits à la cuiller. On aurait tort de la croire rassie parce qu'elle résiste un peu avant de fondre dans la bouche : le moelleux est concentré sur la bosse et ce qui est le plus agréable et le plus étonnant, c'est qu'elle n'est pas du tout bourrative. Je la trouve juste un peu sucrée... mais elle plaît bien à mini K.

 

Jeudi. Le courrier professionnel me réserve une autre surprise. Je trouve dans mon casier une enveloppe aux armes de la Région Poitou-Charentes. Certaine que la chose allait subir un classement vertical dans la minute suivante, j'ouvre le courrier sans aucune délicatesse et tombe sur un carton de la main de Ségo la royale. Elle y décline une invitation aux journées portes ouvertes que nous organisons en collaboration avec des lycées de la région. Bon, on ne s'attendait pas à ce qu'elle vienne, mais encore moins à une réponse manuscrite, pleine de courtoisie et qui sonne juste (quel métier !) (je n'ai par ailleurs aucune sympathie particulière pour l'élue de ma région).

 

Le même jour, j'ai appris que l'Université me devait encore quelques (petites) centaines d'euros au titre des heures supplémentaires 2011-2012. Vais-je vraiment percevoir cet argent ? Il n'y a plus un rond dans les caisses et on nous a déjà prévenus que l'année prochaine, il n'y aurait rien pour les heures sup. En attendant, il faut quand même honorer les cours qui n'étaient pas prévus et préparer bénévolement les rares candidats aux recrutements massifs du Capes 2013

 

*****


Pour parler de choses plus gustatives, cette semaine, nous avons récupéré un bocal de truffes fraîches venues en direct d'un marché de Provence, où l'une des mes belles-soeurs a des accointances. De la vraie mélanosporum. Je ne m'attendais pas à en avoir autant... J'en ai gardé une pour fabriquer illico presto des raviolis de grand luxe, des raviolis d'exceptionLes autres ont été congelées... Saviez-vous que la truffe subit ce genre de traitement sans dommages collatéraux, ou presque ?  

 

 

 

Raviolis aux truffes en bouillon gras 

 

Ravioli-truffe-1.jpg

 

Pour deux personnes :

- une petite vingtaine de feuilles de pâte à raviolis (type Wonton) 

 - une truffe noire melanosporum de 30g environ

- 50g de mascarpone

- 1/2 jaune d'oeuf

- de l'ail surgelé, un tout petit peu (surgelé parce qu'il est beaucoup moins puissant et que si l'ail ressort trop, ça gâche tout) 

- 1 cc de parmesan râpé

sel et poivre blanc du moulin

- du bouillon de volaille maison non dégraissé. Si vraiment vous avez la flemme, un sachet de bouillon de volaille Ariaké (ce sera pas vraiment gras, ni vraiment grave). Surtout, banissez les tablettes Mag***, Duc*** ou leurs équivalents bios, qui sont moins glutamatés mais pas vraiment meilleurs (si tant est qu'il y a ait un peu volaille dedans, par les temps qui courent, méfiance, ça pourrait être du bouillon de chat de gouttière). 

 

1. La farce. Râpez la truffe, gardez éventuellement un petit morceau pour les finitions. Mélangez tous les ingrédients de la farce (mascarpone, ail, jaune d'oeuf, truffe râpée, sel et poivre, parmesan). C'est tout gris mais qu'est-ce que ça sent bon... d'ailleurs on a le droit de goûter pour rectifier l'assaisonnement. Attention, ne pas forcer sur le parmesan, sinon, on ne sentira plus assez la truffe. Si la farce paraît un peu liquide, on peut ajouter éventuellement 1/2 cc rase de fécule ou de maïzena.


2. Les raviolis. Déposez un peu de farce au milieu de chaque feuille de ravioli. Badigeonnez d'eau froide tout autour de la farce pour que la pâte, une fois repliée sur elle-même, colle bien. Pliez en deux, en forme de triangle, par exemple, ou selon votre souhait. Coupez à l'aide d'emporte-piècer (ici, une demi-lune cannelée). Déposez les raviolis sur une feuille de papier cuisson, sans les entasser, jusqu'au moment de les faire cuire. Si vous les préparez à l'avance, farinez-les très légèrement et stockez-les au frigo dans une boîte hermétique.

 

3. La cuisson. Faites chauffer le bouillon de volaille sans le faire bouillir, il doit juste frémir. Vérifiez qu'il est assez salé. Plongez les raviolis 2-3 minutes et, dès qu'ils remontent à la surface, servez-les dans une assiette creuse, accompagnés d'un peu de bouillon, d'une noix de beurre et de brisures ou de lamelles de truffes s'il vous en reste.  

 

On passe à la dégustation et pour une fois, on ne prendra pas de photos, parce que c'est le soir, c'est l'hiver, et qu'on va se fatiguer pour rien, le résultat sera horrible. Autant être entièrement disponible pour la dégustation partagée.

 

    Ravioli-truffe-2.jpg

 

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Laissez votre grain de sel - 2 petits grains de sel
Publié dans : Pasta, riso & cie
Jeudi 24 janvier 2013 4 24 /01 /Jan /2013 12:16

 

Tartelette-orange-2.JPG

 

 

 

Janvier. La période des examens. Beaucoup disent encore les "partiels".

 

 

Je savais que l'amphithéâtre serait glacial. Je savais que ce ne serait pas le bon modèle de copies d'examen. Je savais que ma collègue ne serait pas à l'heure pour le début des épreuves. Son train arrive à 7h40, alors qu'étudiants et enseignants sont convoqués à 7h45. Elle prévient, le jour-même, à 7h20, par mél. : envoyé de mon Iphone. Elle sait parfaitement ce qu'elle fait, c'est le prototype même de la chieuse qui se fait toujours passer pour une victime mais qui vous plante à tous les coups. J'assume donc seule les préliminaires : appel des différentes promotions, ramassage des cartes, distribution des codes à barres pour l'anonymat des copies, des feuilles de brouillon, des intercalaires, du papier à musique. Distribution des sujets. Grand calme, ça planche ou ça rêvasse. 

 

 

Le jour se lève, dévoilant un ciel grisâtre. Mon corps se refroidit inéluctablement, malgré la superposition du célèbre themolactyl, des poils de chèvre, du duvet de canard. Il manque une couche : l'année prochaine, il faudra penser à un petit complément en renard ou en vison, histoire de peaufiner le tableau de chasse ;-)

 

Je jette un oeil en direction de ma collègue qui a bien fini par arriver, sans dire bonjour. Elle se recroqueville sur sa chaise, visage fermé, yeux rivés sur l'ordinateur, mains crispées sur le clavier. Comme tous les jours depuis que je la connais, elle porte une jupe courte, des collants 10 deniers maximum et des escarpins très hauts, très fins. Je repense au fait qu'elle exige toujours de faire cours au soleil. Ce matin, elle doit ronger son frein : l'amphi est plein nord.

 

 

Les yeux embués, l'esprit engourdi, je me sens tout simplement incapable de quoi que ce soit. Je n'ai qu'une envie : me rouler dans une couverture avec une bouillote. 9 heures sonnent à l'église voisine : encore 4h à tenir. Avec ces températures, le seul avantage, c'est que les étudiants ne traînent pas pour rendre leurs copies.

 

 

 

 

 

 

Tartelettes aux deux oranges

 

Tartelette orange 1

 

 

Deux oranges plutôt qu'une. Les oranges douces et le zeste de l'orange amère (c'est la saison). Des tartelettes colorées, toniques, savoureuses, mais pas agressives. 

 

Seul le zeste de l'orange amère est utilisé. Il donne du goût, pas d'amertume, il sublime le goût de l'orange douce. Ces tartelettes fruitées font presque oublier le froid et la tristesse du mois de janvier. 

 

Réservez le jus de l'orange amère pour vos marmelades d'agrumes : il y quelques recettes de marmelades avec et sans oranges amères ici. Et si rien ne vous dit dans tout cela, saviez-vous que l'orange amère est délicieuse dans une soupe, particulièrement une soupe de cucurbitacés ?  

 

 

Ingrédients pour 4 personnes


Pâte sablée à ma façon : 

- 2 portions de Vache qui rit
- 60g de beurre 1/2 sel bien froid coupé en petits morceaux
- 120g de farine T55
- 40g de sucre en poudre

 

Crème à l'orange :

- 2 orange douces pour le zeste et le jus
- 1 orange amère (pour le zeste uniquement)
- 40g de sucre semoule
- 1 oeuf et 2 jaunes
- 12g de Maïzena
- 75g de beurre doux en morceaux très froid

 

Tranches d'orange confites :
- 2 orange douces (1 pour confire, l'autre pour le jus seulement)
- 50g de sucre
- 50g d’eau

 


 

1. Préparez la pâte sablée en mélangeant tous les ingrédients du bout des doigts, jusqu'à former une boule. Etalez-la assez finement et garnissez-en 4 moules à tartelettes. Piquez le fond, tapissez de papier cuisson et de billes de céramique. Mettez au frais pour 1h.
 

2. Préchauffez le four à 180°C. Faites cuire les pâtes à blanc pendant 20 minutes environ. Laissez tiédir et démoulez. Entreposez les fonds de tarte sur une grille.
 

3. Préparez la crème à l'orange. Prélevez le zeste de l’orange amère en le râpant très fingement, sans toucher aux parties blanches. Prélevez le zeste de l'orange douce de la même manière. Pressez cette dernière pour obtenir 12 cl de jus. Si vous n'avez pas assez de jus, pressez la 2e orange doouce. Faites chauffer le jus d'orange et les zestes sur feu moyen jusqu’à frémissement. Pendant ce temps, fouettez ensemble le sucre semoule, l’oeuf et les deux jaunes, ainsi que la Maïzena. Hors du feu, ajoutez le mélange oeufs, sucre et Maïzena tout en continuant de fouetter. Replacez la casserole sur feu doux et faites cuire jusqu’à épaississement. Hors du feu, ajoutez le beurre froid et mélangez jusqu’à obtenir une texture lisse et brillante. Le petit plus : mixez la crème pendant 2 minutes, elle sera encore plus veloutée. Réservez-la au frais. 

 

4. Préparez les tranches d’orange confites. Coupez une orange douce en tranches très fines avec un grand couteau bien affuté ou au robot éminceur. C'est l'étape la plus difficile : arriver à faire de jolies tranches pas trop épaisses. Pressez le jus de la 2e orange. Faites chauffer 50g de sucre et 50g d’eau dans une grande poêle. Faites confire à feu très doux les tranches d'orange en les disposant en une seule couche dans la poêle, jusqu’à ce que tout le sirop soit absorbé ; puis arrosez avec le jus de l’autre orange. Laissez réduire à feu doux 5 minutes. Egouttez les tranches d’orange et réservez le sirop restant pour la finition des tartelettes. Laissez le tout refroidir.

 

5. Garnissez les fonds de tarte de crème à l’orange et déposez une tranche d’orange confite par dessus. Au moment du service, versez un peu de sirop pour faire briller les tartelettes (pas avant, sinon cela risque de nuire à la présentation finale).

 

 

Pas d'oranges amères en vue par chez vous ? Vous pouvez remplacer par de l'orange sanguine, ce sera différent, mais tout aussi délicieux. Vous pouvez d'ailleurs mélanger dans la crème le jus d'une orange sanguine et d'une orange douce. Pour les tranches d'orange confite, idem. Attention, les écorces des sanguines ont tendance à durcir au confisage, c'est plus délicat. 

 

 

 

tartelette orange 3

 

 

 

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Laissez votre grain de sel - 12 petits grains de sel
Publié dans : Des tartes sucrées

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