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Des fruits

Jeudi 19 juillet 2007 4 19 /07 /Juil /2007 10:28


 

Kumquats-confits.jpg

 

Hier avec ma plus vieille amie (comprenez que nous nous connaissons depuis 30 ans et non qu'elle sucre les fraises...) et son homme nous avons fait un petit tour à la Grande Epicerie. Inévitable petite station devant le rayon fruits exotiques : je prends des kumquats et des bananes roses. Un commentaire fuse devant ce choix : « mais enfin, reviens parmi nous ! ». Pourtant je me suis retenue devant de jolies petites mangues du Mexique que je n'ai encore jamais goûtées !
 

Mon amie a raison. J'ai dû succomber au syndrome de l'Afrique. Moi qui n'ai pas particulièrement été conquise par les spécialités culinaires sénégalaises, je me suis émerveillée devant un restaurant dénommé « Teranga » (c'est à dire hospitalité en wolof) en passant rue des Saints-Pères. A la carte, la plupart des plats typiquement sénégalais : Thieboudienne (riz au poisson), Poulet yassa, Mafé (viande avec une sauce à l'arachide), etc.

 

Il y a même une entrée dénommée Soumbedioune. Tout un programme !! Ce nom résonne à vos oreilles comme une invitation au voyage ? A moins que vous n'ayez déjà visité Dakar, vous imaginez un paysage idyllique, la mer, les cocotiers, une chaleur torride ou de frais alizés, et bien sûr un magnifique coucher de soleil... ? Malheureusement ce n'est pas tout à fait cela, Soumbedioune. C'est une baie de la presqu'île dakaroise où les pêcheurs embarquent dans leurs jolies pirogues colorées.

Vue_de_Soumbedioune.jpg.jpg


Jusque-là tout va bien. Sur la photo, prise au petit matin, cela a l'air paradisiaque, ou presque (faut le voir de loin comme ici...).
On peut aller acheter son poisson à Soumbedioune, le soir au retour de la pêche. Sympa, évidemment. Le seul problème, c'est qu'il faut avoir l'estomac et le coeur bien accrochés. Ce coin de Dakar est sans doute l'un des plus puants, avec son voisin immédiat, Gueule tapée (un égout qui pour une fois n'est pas à ciel ouvert, d'où son nom... ce qui n'empêche en rien les émanations d'odeurs). On y respire un mélange unique de fragrances : poisson pourri, poisson séché, poubelles pas toutes fraîches, urine et déjections diverses. Mon homme a baptisé cette combinaison de parfums
Soirs de Soumbedioune, parce que le soir vers 18h, quand tout cela a bien chauffé sous le soleil et pourri dans l'humidité, c'est redoutable...

 

Pour couronner le tout, Soumbedioune vit des heures difficiles. Depuis 1 an et quelques mois maintenant, la baie est un immense chantier. En projet : un tunnel dont la construction n'avance pas vraiment... La presse sénégalaise s'est emparée du sujet tout récemment. Un pêcheur a livré sa vision des choses. Tenez-vous bien, on quitte notre monde rationnel et productiviste pour quelques instants. Si le tunnel n'avance pas, c'est à cause de Leuk Daour Mbaye, le grand génie de la tribu des Lébous :

 

« Lorsque Leuk Daour Mbaye se fâche tout chamboule. Les câbles se coupent, les machines tombent en panne. À dire vrai, les travailleurs sont fatigués [ce qui signifie en français d'Afrique : ils en ont marre], mais ils ne savent pas comment le dire ». Et le pêcheur de poursuivre : « avant d’entreprendre les travaux, ils devaient négocier avec Leuk Daour et faire des sacrifices. Mais ils ne l’ont pas fait. C’est pourquoi Leuk Daour frappe fort ». 

Comment faire face à ce problème ? Très simple, d'après les habitants du quartier : « On prépare un bœuf et on le lance dans les profondeurs de la mer, accompagné des pièces de monnaies et de lait caillé, pendant quatre jours ».

 

Ce n'est pas une blague du tout. Cet article est paru dans un quotidien tout à fait respectable, L'Observateur, le 10 juillet dernier...

 

 

 
*************
 

De retour dans la cuisine après cet après-midi à Saint-Germain des Prés (et après un détour par la Maison du chocolat...), j'ai décidé de confire les kumquats que j'avais achetés. Il est très utile d'avoir un pot de kumquats confits dans ses réserves. Ils agrémentent les salades de fruits ou décorent joliement un dessert présenté à l'assiette. Le sirop est délicieux dans les yaourts ou pour napper une tarte aux agrumes, ou encore (allongé d'eau) pour imbiber les biscuits d'un tiramisu ou d'une charlotte.

Le combawa s'accorde parfaitement avec les kumquats et apporte son parfum raffiné au sirop, mais si vous n'aimez pas ou que vous n'en trouvez pas, oubliez-le, il n'est pas nécessaire. Vous pouvez aussi le remplacer par un trait de mandarine impériale ou d'un autre alcool de votre choix.


 
Kumquats-confitsbis.jpg
 

 

 

Ingrédients pour un petit pot :

- 250g de kumquats

-
250g de sucre 
- 15 cl d'eau
- 4-5 feuilles de combawa surgelées ou fraîches (facultatif)
 

1. On lave et on sèche soigneusement les kumquats. On les perce de quelques trous à l'aide d'une fourchette pour qu'ils s'imbibent de sirop sans éclater à la cuisson. On les couvre de sucre, on ajoute les feuilles de combawa et on patiente une nuit.


2. Le lendemain on porte le tout à ébullition, puis on fait cuire environ 20 à 30 minutes à feu doux, jusqu'à ce que les fruits soient translucides et confits, le sirop légèrement ambré. On laisse refroidir dans la casserole (pour que les kumquats se gorgent de sirop) puis on stocke dans un pot ébouillanté et séché en veillant à ce que les fruits soient bien couverts de sirop.Ces kumquats se conservent plusieurs mois dans un endroit frais et sombre, ou au frigo.


Ces kumquats se conservent plusieurs mois dans un endroit frais et sec, ou au frigo.

 

Laissez votre grain de sel - 4 petits grains de sel
Publié dans : Des fruits
Mardi 17 juillet 2007 2 17 /07 /Juil /2007 15:02

 

Ce long week-end à Zurich m'a propulsée dans un monde diamètralement opposé à celui que je fréquentais il y a trois semaines à peine. Hormis pour la température, carrément africaine (l'humidité en moins). Tout ça à 4h30 de Paris à peine, grâce au TGV-Est. Sans décalage horaire, mais avec un gros décalage linguistique. Même les Allemands ont du mal à s'en sortir en Suisse alémanique. Pour ma part, il m'a fallu deux jours pour identifier la façon locale de dire bonjour (Gruezi).

 
 

Tout le monde sait que la Suisse est opulente (surtout quand on arrive de Dakar...), propre, les gens sont disciplinés (ce qui sonne comme un reproche dans la bouche d'un Français). Je ne vais pas vous faire un reportage photos à l'appui. La vieille ville est très coquette, maisons fraîchement repeintes, fenêtres débordant de géraniums, natürlich, ruelles pentues où se nichent quelques jolis coins de jardin, le lac plein de beaux bateaux, des boutiques d'antiquaires et des ateliers d'artisans, le tout sur fond de sommets enneigés. Bref, il n'y a pas que la Bahnofstrasse et ses enseignes de luxe, les Jaguars et autres voitures de collection qui déboulent au coin des avenues, les banques, etc.

 
Vous vous attendez sans doute à un couplet sur mes expériences gastronomiques. Mais je n'ai pas grand chose à raconter. Je me suis nourrie, et plutôt médiocrement. De toute façon, dans les colloques, on carbure principalement au café et au thé, ça permet de garder quelques récepteurs en activité, surtout à partir du 3e jour de conférences. Et les musicologues ne sont pas tous de grands gastronomes, loin s'en faut.

 

Portée par ma tendance asociale et une certaine désinvolture face au travail, je me suis pas mal échappée pour arpenter la ville, profiter du soleil ou me réfugier dans un endroit frais selon l'heure de la journée, avec comme en-cas une petite barquette de fruits frais. Une bonne idée que ces petites portions de pastèque, d'ananas, ou d'autres fruits, voilà un truc que je n'ai encore jamais vu en France, mais qui gagnerait à être développé, alors qu'on n'arrête pas de nous dire qu'il faut manger « 5 fruits et légumes » par jour.



 


Le marchand de fruits qui propose ces barquettes vend également des cocktails préparés à la demande ou presque, et des fruits de saison à la pièce ou au kilo, comme chez le primeur. Evidemment ces fruits prêts à consommer sont infiniment meilleurs que les salades vendues sous opercule dans nos enseignes de restauration rapide, car ils sont mûrs à point et sont débités au fil de la journée et non deux ou trois jours avant.

Grâce à ce marchand, qui est là de 9h du matin à 9h30 le soir environ, j'ai pu me régaler de morceaux d'ananas, de mangue, de brugnons, de pastèque, de melon, de cerises ou de raisin quand bon m'en semblait. Quelle bonne idée
, comment n'y a-t-on pas pensé plus tôt ? Ces barquettes d'environ 250g sont vendues 4 CHF (soit environ 2,40 €) pendant la journée mais "soldées" en début de soirée à 2 CHF (1,20 €). Je trouve que même le "prix fort" n'est pas excessif (surtout pour la Suisse !!).



barquette-fruits.jpg
 
 

Pour continuer dans la veine fraîcheur, puisque Paris est encore sous le soleil, voici une recette de sorbet à la mangue (et oui encore des mangues !) ultra simple mais incroyablement bluffante. Sa texture est tellement agréable qu'on pourrait croire qu'il s'agit d'un sorbet fait par un professionnel : pas dur comme du béton, mais dense et velouté sous la langue, pas du tout cristallisé, avec juste ce qu'il faut d'acidité. Le tout sans stabilisateur ni glucose atomisé ni gélifiant...  A vrai dire j'ai réalisé ce sorbet totalement au pif les premières fois, mais au fil du temps j'ai peaufiné la recette, et elle ne m'a jamais joué de mauvais tours.

 

 

  • 600g de chair de mangue mûre à point, à température ambiante (pour que le sucre se dissolve rapidement)

  • 100g de sucre

  • 5 cl de jus d'orange sanguine ou de jus « trois agrumes » (type Tropicana...)

  • ½ c. à café d'acide citrique ou le jus d'un demi citron jaune.

    Le jus d'orange et l'acide citrique (ou le citron jaune) relèvent le goût un peu douceureux de la mangue. A Dakar je me servais d'acide citrique (que l'on trouve en poudre ou granulés) parce que je ne trouve pas toujours de citrons jaunes. Le citron vert est très bon aussi mais il est moins acide que le citron jaune. Son goût est plus marqué, donc immédiatement reconnaissable. C'est pourquoi je préfère utiliser de l'acide citrique plutôt que de mettre du citron vert dans le sorbet à la mangue.

 

On mixe le tout le plus finement possible. On fait prendre en sorbetière. On réfrigère 8 heures minimum avant de consommer.


Sorbet-mangueblog.jpg


 

 
La dernière fois que j'ai fait ce sorbet c'était juste avant mon départ de Dakar. Je l'avais servi avec un filet de caramel aux fruits de la passion, histoire d'apporter une note sucrée et fruitée supplémentaire. Le reste a dû être englouti depuis par mon homme, qui a dû ainsi se consoler de mon absence (ou plutôt : de l'absence de dessert au chocolat... ;-)))

A la place du jus d'orange, on peut mettre de la pulpe de fruits de la passion pour faire un sorbet mangue-passion, c'est tout aussi délicieux. Le maracuja apporte cette note acide qui manque à la mangue.


 

 

Laissez votre grain de sel - 4 petits grains de sel
Publié dans : Des fruits
Lundi 2 juillet 2007 1 02 /07 /Juil /2007 13:00
 





L'arbre emblématique du Sénégal, le seul qui survit sans problème dans une végétation de plus en plus clairsemée, presque entièrement anéantie par les troupeaux et la nécessité de trouver du bois de chauffage, quand elle n'est pas déracinée et abattue pour construire des routes à quatre voies en plein centre ville...


Le baobab a une chance, c'est que son bois est inexploitable, cela l'a certainement préservé de la disparition. Son tronc est creux, spongieux et fibreux. On ne peut rien en faire. Ça ne brûle pas, ça ne peut pas servir en menuiserie. Jadis on y enterrait les griots (les troubadours locaux), "caste" interdite de cimetière comme l'étaient autrefois nos comédiens. Il y a, au Sénégal, des forêts de baobabs. Attention, ne croyez pas que ces forêts ressemblent d'une quelconque manière aux nôtres, hein ? C'est un peu moins vert et plus clairsemé que la forêt de Brocéliande, mais c'est beau et impressionnant, quand même...


for--t-de-baobabs05.jpg


Cet arbre étonnant et magnifique est loin d'être totalement inutile. Emblème du pays, il est partout, sur tous les insignes. Même sur Orange Sénégal ! Y a que les "footeux" qui ont préféré un autre symbole, le lion, pour leur équipe. Evidemment on comprend que le lion bondissant et rugissant soit plus à même de représenter ce sport qu'un baobab planté au même endroit depuis des siècles ;-))).

Même si il y a belle lurette qu'on n'a plus vu de lion dans ce pays, le braconnage étant un vrai problème y compris et surtout dans les réserves, puisqu'il n'y a que là qu'on trouve encore quelque gibier de grande taille. D'où le récent classement par l'UNESCO du parc du Niokolo-Koba comme "patrimoine en péril". Voyez ce site d'information qui pour une fois n'est pas la voix de son maître... L'article suscite d'ailleurs quelques débats sur le rôle des dirigeants et des fonctionnaires de ce pays.... Quant au lion, à part dans l'équipe de foot sénégalaise, on le trouve comme emblème d'un ordre qui est l'équivalent de notre Légion d'honneur... (toutes mes excuses pour le choc que peut provoquer cette juxtaposition entre foot et légion d'honneur ; mais comme vous savez on être dans la baballe favorise parfois l'accès à la rosette rouge, chez nous... ^^)

On ne peut plus manger de lion au Sénégal, mais on mange couramment du baobab. Enfin, on consomme le fruit et les feuilles. Le fruit (bouye) a une forme plus ou moins oblongue, l'écorce est veloutée et de couleur marron-vert. Il est très apprécié des singes, d'où son appellation de « pain de singe ». La fleur est très jolie mais je ne crois pas qu'on puisse la manger :

baobab-fleur.jpg
photo : http://www.futura-sciences.com

Si on ouvre le fruit (il faut le casser avec force) on trouve une grande quantité de petits dés blanchâtres d'allure un peu farineuse. Ils peuvent se consommer tels quels, leur goût est légèrement acidulé. Ils renferment chacun une petite graine noire. C'est ce que vous avez pu voir sur le billet précédent.

Koikespdsblog.jpg

La devinette n'a d'ailleurs pas inspiré grand monde, mais Nadia de Paprikas avait la bonne réponse !! Bravo Nadia, tu m'épates une fois de plus !

Trempée dans de l'eau, la pulpe se ramollit, on peut facilement en extraire les petits noyaux noirs. On mixe et on mélange avec du jus d'ananas ou de corossol (parce que seul c'est un peu fadasse quand même), voire du lait concentré, on sucre selon le goût et cela donne le "jus de bouye", une boisson de couleur claire très indiquée en cas de problèmes digestifs : c'est l'immodium local, répétent les Sénégalais aux toubabs fraîchement débarqués de l'avion et vivant dans l'angoisse d'une débâcle "touristique" ;-))).


bouye-jus.jpg
Photo: http://banzaisenegal.gozaru.jp/bouye-jus.jpg

 On peut également faire de la gelée avec la pulpe de ce fruit, cela rappelle un peu la gelée de coing.

Les feuilles du baobab peuvent se consommer bouillies comme des épinards ou servir de fourrage au bétail. Séchées et pilées (« lalo »), elles servent à parfumer la semoule de mil (thiéré avec lalo). Elles ont un goût acidulé et légèrement astringent.

 


Ce petit précis pas du tout précis sur le baobab étant fait, je retourne à mes cartons... Dernière ligne droite, décollage à 1h jeudi 5 juillet !!



Laissez votre grain de sel - 4 petits grains de sel
Publié dans : Des fruits
Samedi 23 juin 2007 6 23 /06 /Juin /2007 14:30
 

Chaque fois que je passe sur le blog de Mingoumango, La bouche pleine (et je passe souvent car ze l'aime vraiment très très beaucoup ce blog...), je rigole en lisant le décompte journalier de la chasse aux pigeons (au pistolet à eau, en l'occurrence... ). Aussitôt je songe au nombre impressionnant de moustiques que nous abattons quotidiennement, mon homme et moi (là on ne tient même plus les comptes...). Chacun son gibier ! 

Je ne sais pas d'où viennent et comment se reproduisent les centaines de moustiques qui vivent dans notre villa, pourtant entièrement pourvue de moustiquaires aux fenêtres et régulièrement désinsectisée, et où l'eau stagnante (l'eau tout court) est rare, surtout en cette fin de saison sèche.

Les moustiques résistent à tout : aérosols, prises électriques, serpentins que l'on fait brûler, répulsifs à appliquer sur le corps, la bonne vieille citronnelle, les bracelets dernier cri à ultrasons (pourtant vantés par une amie ayant séjourné au Brésil). Non, vraiment, rien ne les arrête. Comme dit mon mari : "tu lui balances un coup de bombe, il te fait un bras d'honneur"'. Face au moustique dakarois, une seule parade : la raquette électrique.

 


Raquette----moustiques.jpg



Ce magnifique objet de torture made in China (of course...) est un jouet auquel on s'attache très vite. Au point que nous avons acheté une deuxième raquette, comme ça chacun a la sienne, on fait des matchs. Munie de deux piles de 1,5 V, cette raquette diffuse un courant électrique (pour peu qu'on appuie sur le bouton ad hoc) qui grille illico le moustique ou tout autre insecte nuisible en vol, posé sur un mur, sur un meuble. Petite étincelle, faisceau bleu électrique, odeur de kératine brûlée, c'est jouissif ! On massacre ainsi une vingtaine de moustiques à l'heure, au petit déjeuner si l'on n'est pas trop dans le cirage, tout en faisant sa toilette (ils adorent évidemment la salle de bains) ou le soir après dîner.

Parfois je regarde mon homme faire les cent pas dans le séjour, raquette à la main, auscultant les moustiquaires et les coins sombres en espérant accroître son tableau de chasse. Là, je me dis que ça devient grave... 

 

Raquette-et-moustiques-morts-copie-1.jpg




* * *


Maintenant que vous savez tout de nos crimes contre la faune africaine, une recette à base de figues, notre dessert d'aujourd'hui. Je sais, ce n'est ni la saison des figues ni le pays où en trouver... Mes figues étaient surgelées, bien évidemment. Elles m'ont fait envie, pour changer un peu des mangues.

Dans une autre vie j'ai eu le bonheur de manger des kilos de figues de variété blanche (les meilleures à mon avis...) fraîchement cueillies, quelque part au fin fond de la Lucanie. Dans cette belle région du sud italien, les figues étaient vendues, à l'époque, moins de 500 lires le kilo, soit environ 26 centimes d'euros. Comme tout le monde avait un figuier dans son jardin, personne ou presque n'en achetait, c'était le fruit du pauvre, en somme. Depuis, je n'en ai jamais retrouvé d'aussi bonnes. Même si certaines figues violettes sont excellentes, ce n'est pas pareil.


P
as question donc de manger ces figues crues comme des fruits frais. J'en ai donc fait une compote avec un reste de Banyuls (on continue à vider les placards... et puis le Banyuls cela va bien avec les figues) et quelques épices.




- 1 kg de figues décongelées à température ambiante et légèrement égouttées
- 200g de sucre en poudre
- 1 dl de Banyuls
- 2 étoiles de badiane, 1 bâton de cannelle coupé en deux, 5 gousses de cardamome verte

Mettre le tout dans une marmite à fond épais et laisser compoter à feu moyen en remuant régulièrement jusqu'à ce que le jus ait suffisamment réduit. Servir tiède ou frais, comme dessert ou en accompagnement d'un fromage de chèvre à l'huile d'olive, c'est pas mal du tout.






Laissez votre grain de sel - 3 petits grains de sel
Publié dans : Des fruits
Jeudi 21 juin 2007 4 21 /06 /Juin /2007 08:00




A Dakar ce n'est pas seulement la saison des mangues, c'est aussi celle des cocktails. Un élément incontournable de la vie d'expat' : on vient dans un pays pour deux, trois, cinq ans, et chaque année la population se renouvelle en partie.

Chaque année, en octobre et en juin, on navigue de pots de départ en soirées d'adieux, de cocktails de bienvenue en brunchs de cohésion pour épouses ayant suivi leur mari. Curieusement c'est rarement le contraire... on a beau faire et beau dire, on n'échappe pas à des schémas ancestraux...

Celles qui, comme moi, ont gardé des activités sur un autre continent restent des exceptions. Elles s'excluent automatiquement du groupe des « nanas qui n'ont d'autre souci que se demander ce qu'elles mettront au prochain cocktail (dîner, brunch, voire petit-déjeuner à l'ambassade de France), passent leurs journées à courir après chiffons, parures, tissus, bijoux, déco pour leur maison, etc. etc. J'exagère ? A peine...

Ce n'est pas
(seulement) par esprit de contradiction, mais voilà, pour un tas de raisons dont certaines m'échappent, je n'ai jamais été dans le moule. Atypique : combien de fois m'a-t-on accolé cet épithète, pas toujours sur un ton très positif... Les réjouissances de la société néo-post-coloniale m'ennuient prodigieusement, je hais plus que tout les soirées dansantes (j'ai pourtant fait 15 ans de danse classique dans ma prime jeunesse). En somme mon cas est grave : je ne suis pas seulement atypique, je suis carrément asociale, pour certains. C'est l'image que je donne, donc ça doit être en partie vrai !

L'inconvénient des cocktails d'ici, c'est non seulement qu'on tourne un peu en rond, mais que la nourriture y est rarement bonne. Je pèse mes mots. A la troisième ou quatrième soirée dans la même semaine, l'estomac et les papilles se révoltent.

Pour nous reposer un peu sur le plan digestif, entre deux séances de lourdeur gastronomico-sociale (tous les jours depuis samedi dernier, et jusqu'à vendredi prochain), j'ai confectionné un dessert d'une simplicité presque inavouable, tout frais, tout léger, plein de vitamines, diurétique, anti-oxydant etc... à base de pamplemousse et de thé vert aux algues. Parfait pour commencer l'été.

Ce thé vert aux algues, c'est l'Algothé de chez
Kusmi. Un thé vert de Chine garni de feuilles de menthe et d'algues diverses. Il est rafraîchissant (même chaud, c'est un comble), il a un petit goût d'algues bien perceptible, qui le distingue d'un "banal" thé vert, mais ce goût d'algues ne domine pas (c'est plutôt la menthe qui prend le dessus). On vous rassure tout de suite, on peut boire la tasse .... sans avoir l'impression de boire la tasse (au sens salé du terme !). Froid, il est encore meilleur. Parfait pour les chaleurs estivales, et pour se détoxifier un peu.






Fraîcheur de pamplemousse rose à l'Algothé (pour 2 personnes)

- Un pomelo rose
- 2 c. à soupe d'Algothé
- 50g de sucre
- 1 c. à soupe de zeste râpé de citron vert


1. Prélever les suprêmes du pomelo rose (c'est à dire les quartiers sans peau (et sans pépins)). C'est ce qu'il y a de plus difficile dans la recette.
2. Faire infuser le thé 3-4 minutes dans 30 cl d'eau à 85° (pas d'eau bouillante, cela tuerait le thé vert, et pas plus longtemps, il serait amer).
3. Retirer l'infusat, ajouter le sucre, mettre sur feu doux avec le zeste de citron vert et laisser réduire un peu ce sirop léger.
4. Laisser tiédir puis verser le sirop sur les suprêmes de pamplemousse. Mettre au frais 4h avant de consommer. 




 




 

 

 

Laissez votre grain de sel - 3 petits grains de sel
Publié dans : Des fruits
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