Samedi 4 août 2007
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Sans doute vous êtes-vous
demandé, si vous avez un peu l'habitude de ce blog, pourquoi la rubrique "viandes" est si maigre. En fait, nous n'avons pratiquement pas mangé de
viande au cours des deux années que nous avons passées à Dakar.
Il y a tant de poisson, et la viande est si décevante...
Exit le porc
pour des raisons évidentes : on est en pays musulman, on en trouve donc très peu. Reste le phacochère, sorte de cochon sauvage, si on est chasseur.
L'agneau est rarement de l'agneau, plutôt du mouton voire du bélier. Toujours fraîchement abattue, puis directement exposée au soleil, à la poussière et aux mouches, la viande
n'a pas le temps d'arriver à maturité qu'elle commence à faisander. Voici un petit aperçu de ce que mon homme appelle les "m(b)oucheries" :
Je n'ai jamais mangé de bonne viande de mouton au Sénégal.
Elle est toujours dure et musculeuse, elle a mauvais goût.
Pourtant, chaque année, lors de la fête des moutons, l'Aïd el Kébir, dite Tabaski au Sénégal (on tabasse qui ? Pardon je
sais c'est très mauvais... mais je n'ai pas pu m'en empêcher), les gens sont prêts à payer très cher pour une bête qu'ils sont tout fiers de vous inviter à partager avec eux. Pour avoir testé, je
peux dire que le plaisir gustatif est limité, par contre ça vous démonte la denture et vous fatigue les maxillaires pour quelques jours. Sans parler du spectacle du dépouillement intégral des
viscères, de la peau et de la carcasse des moutons, contrepoint inévitable à la fête, occupation des femmes de la maisonnée. Il faut avoir le coeur bien accroché.
Reste le zébu, la "vache à bosse", dont on consomme de préférence le filet, le reste est... dur à
cuire.
Il y a, enfin, des
volailles locales (grippe aviaire oblige, pas d'importation). Elles sont souvent étiques, mais au moins elles sont élevées en plein air et assez bonnes.
Mon homme a hérité d'un jeune coq au cours d'une de ses
missions en brousse. Baptisé Dodji, il a gambadé dans notre jardin pendant quelques semaines. Je l'aimais bien, je lui donnais des céréales, il avait "la reconnaissance du
ventre" et venait quasiment me chercher dans la maison pour avoir sa pitance. Il avait élu domicile dans le frangipanier. Le voir ainsi perché, dès les
premiers signes du couchant, nous faisait bien rire. Nous n'avions pas l'intention de le faire passer à la casserole, d'autant qu'une fois les plumes enlevées, il devait rester 300g de viande au
plus. Le seul souci, c'est qu'il nous réveillait tous les matins à 4h de son triomphal
cocorico... Comme nous étions gênés vis
à vis des voisins et surtout d'amis parisiens venus passer quelques jours chez nous, nous avons livré Dodji au gardien de la maison, lequel en a fait, dès le soir-même, son repas. Depuis ce jour,
j'ai la mort d'un coq sur la conscience.
Tout ce blabla pour dire que nous avons mangé beaucoup de
poissons et de crustacés (ah les énormes gambas...) pendant ces deux dernières années. Voici une de mes recettes fétiches au quotidien. Elle
vient de La vraie cuisine chinoise toute simple de Ken Hom, un livre que je recommande à ceux qui veulent s'essayer à d'authentiques recettes de cuisine chinoise.
Cette préparation a toutes les qualités : ultra rapide, ultra
simple, ultra légère (si on aime la cuisine légère, s'entend...), et surtout dé-li-ci-euse, elle préserve parfaitement le goût du poisson sans être fade. Avec elle, j'ai converti des gens
franchement réfractaires au poisson vapeur ("beurk ça fait régime, ça n'a aucun goût !!") et à la cuisine asiatique en général.
Pour cette recette on peut utiliser n'importe quel poisson à chair
blanche, entier ou en filet : sole, turbot, saint-pierre si on a des invités ; au quotidien ou si on est moins riche, du colin, du cabillaud, de la dorade (entière ou en filet) font parfaitement
l'affaire. Si vous prenez des poissons entiers allongez le temps de cuisson en fonction de leur taille : en général, 12 à 15 minutes pour un poisson de 300g ; 5 à 8 minutes pour des
filets.
Proportions pour 4 personnes :
- 800 g de filets de colin frais ou surgelés
- 1 cuillère à café de gros sel de mer
- 1,5 cuillère à soupe de gingembre frais finement haché
- 2 cuillères à soupe de ciboule émincée
- 2 cuillères à soupe de sauce de soja
- 1 cuillère à soupe d'huile neutre (arachide de préférence)
- 2 cuillères à café d'huile de sésame
- des feuilles de coriandre fraîche
1. Faire chauffer un peu d'eau dans un cuit-vapeur. Sécher les filets de
poisson dans du papier absorbant avant de les frotter de gros sel.
2. Disposer le poisson dans
le panier du cuit-vapeur avec des feuilles de papier sulfurisé ou sur une assiette de façon à recueillir le jus de cuisson. Couvrir et faire cuire 5 minutes environ.
3. Retirer le poisson du cuit-vapeur en prenant soin de garder le jus de cuisson. Disposer sur un plat, parsemer de
ciboule et arroser de sauce soja. Réserver au chaud.
4. Faire chauffer les deux huiles ensemble jusqu'à ce
qu'elles soient fumantes et les verser sur les filets de poisson. Parsemer de coriandre ciselée et servez avec un riz parfumé cuit à la vapeur.
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Publié dans : Du poisson