Descente éclair au fin fond de l'Auvergne. 12 heures de train aller et retour pour rejoindre une sous-préfecture de 8000 âmes qui n'a sans doute pas beaucoup changé depuis les années 50 (J'exagère, y avait même le Wifi à l'hôtel !). Les historiens du Moyen Age ont de drôles de destinations pour leurs rencontres. N'empêche que c'était très sympathique, agapes, rigolades et rencontre improbables au rendez-vous. Mon seul regret : je n'ai pas eu le temps d'acquérir quelques cèpes sur le marché. Le TER était en retard, nous avons dû rejoindre une autre gare en catastrophe pour ne pas rater la correspondance à Clermont.
Retour à Paris, retour en cuisine, parce qu'il faut bien s'occuper des stocks périssables auxquels J. n'a pas touché depuis mon départ. De la poitrine de porc fraîche, un reste de bûche de chèvre, du lait à finir, des oeufs. C'est parti pour une tarte salée. Sauf que depuis quelque temps mon moule à charnière me joue de vilains tours. Le fond se sépare à l'improviste, de préférence lorsque je me trouve juste au-dessus de la charnière de la porte du four. La dernière fois, je me suis retrouvée avec un clafoutis à ramasser à la petite cuiller.
Hier soir, mon appareil à quiche a filé
mystérieusement à travers le fond (pourtant garni de pâte...). Je me retiens de peu de tout envoyer valser. Je reverse l'appareil dans la jatte, opère une translation des reliques de la pâte
(détrempées) vers un autre moule (sans fond amovible, vous vous en doutez). Mission accomplie. Je mets à cuire, mais le résultat est moyen. La pâte était déjà trop détrempée par cette
mésaventure. Et l'appareil n'est pas assez cuit, bien que le dessus soit bien brun. Derrière ça, les maras des bois étaient aqueuses et aigrelettes. Et puis m...e. Le tout sur fond sonore,
klaxons et sirènes, embouteillage sur le boulevard, dû à une manifestation nommée technoparade...
Demain (enfin tout à l'heure...), on
emmène maman à l'opéra pour son anniversaire. Le tout précédé d'une grande assiette d'antipasti misti
achetés à l'Epicerie fine du quartier (faudra que je vous en parle à l'occasion, c'est une épicerie assez improbable). Puis un gâteau chocolat-framboises de la Maison du chocolat (mon adresse préférée en la matière). Point de cuisine pour Natalia, rien du tout. Voilà qui me remplit d'aise. J'avais projeté de
faire une Sachertorte, mais vu les circonstances, mieux vaut s'abstenir. Mon entourage
ne s'en portera pas plus mal.
Je profite de cet accès de bougonnerie
pour vous livrer une recette de cornichons aigre-doux testée récemment, qui s'est révélée être une véritable réussite. Allez savoir pourquoi je repense à ces cornichons, là,
maintenant, à 4 heures du matin. Sans doute l'effet de ma mauvaise humeur. D'ailleurs je crois que je vais aller en croquer un, même si je n'ai pas le jambon pour aller avec. On soigne ses
insomnies comme on peut.
Ingrédients pour 4 bocaux moyens
- 2 kg de gros cornichons
- 2 litres d'eau
- 150 gr de gros sel
- quelques brins d'estragon
- 2 tiges d'oignons frais ou de ciboule (ne garder que la partie blanche)
- 2 c. à soupe de graines de moutarde
- 1 c. à soupe de mélange cinq baies (non moulu)
- 1/2 litre de vinaigre de vin blanc (j'ai utilisé du vinaigre de champagne, alias vinaigre de Reims)
- 1/4 litre d'eau de source
- 1/4 litre de vin blanc sec (j'ai pris un Aligoté)
- 100 gr de sucre blanc
1. Frottez soigneusement les cornichons avec une petite brosse.
2. Préparez la saumure en portant l'eau et le sel à ébullition. Laissez bouillir 10 min. Versez la saumure sur les cornichons. Laissez macérer 12 heures.
3. Egouttez les cornichons et rincez-les longuement à l'eau froide (j'insiste : sinon ils seront trop salés). Placez-les, en les tassant bien, dans des bocaux stérilisés. Répartissez les aromates et les épices.
4. Faites bouillir le vinaigre, l'eau, le vin blanc et le sucre. Versez dans les bocaux. Laissez refroidir avant de fermer.
5. Stérilisez les bocaux (20 minutes environ à la cocotte minute).
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