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Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs

Vendredi 27 mars 2009




L'hiver est revenu. Une tournée d'adieux ? Espérons que oui.

Les journées se sont considérablement ralenties depuis le début du mois de mars.  Alourdi par un gros ballon, le corps s'économise mais l'esprit s'agite et vagabonde plus que jamais. Les heures, les jours, les semaines passent vite, solitaires, en dehors de q
uelques rendez-vous médicaux, professionnels, amicaux, avant que...




Si j'étais une femme organisée je prendrais de l'avance sur les cours de l'année prochaine, je préparerais les colloques du mois de juin, j'écrirais l'article à rendre pour fin avril. Mais je suis la championne de la procrastination et ne travaille vraiment bien que dans l'urgence. D'année en année, ce défaut s'aggrave. Rien à faire, je n'ai pas la force... de me forcer. Ce qui accable ma conscience, évidemment.

Mise en ordre des petites affaires, préparatifs divers, tout cela occupe aussi l'esprit. Ce n'est pas aussi lénifiant qu'on l'imagine : qu'est-ce que j'ai appris comme vocabulaire, ces derniers temps !  Gigoteuse, turbulette, nid d'ange et compagnie, je commence enfin à comprendre de quoi il retourne. Il ne me manque plus que le permis poussette. Enfin, j'ai fait ma valise pour le grand jour... ce jour dont personne ne peut prédire la date : demain, dans 3 jours, dans 3 semaines ?


*********


Je vous avais promis il y a quelque temps une recette de marmelade aux deux citrons.

Peut-être avez-vous aperçu cette année, sur les marchés, ces petits agrumes jaune d'or au pédoncule si joliment dessiné :






Ce sont des bergamotes, parfois appelées "citrons doux".  Elles viennent de Tunisie, de Sicile ou de Calabre. La saison commence en février et dure jusqu'au début du mois d'avril.

Ces agrumes n'ont que peu de rapport avec le citron jaune, à part leur petit "nombril" proéminent. Leur chair est assez fade, sans aucune acidité, avec juste une pointe d'amertume. Mais l'écorce, ah, l'écorce... c'est une autre histoire. Vous connaissez forcément ce parfum car c'est celui du thé "Earl Grey", le thé à la bergamote si prisé des Britanniques depuis que M. le Comte Charles (Grey) le leur fit découvrir, au 19e siècle.



Marmelade de citrons et bergamotes






Le calibre des citrons et des bergamotes étant très variable, je vous conseille de peser vos fruits... ainsi pas de surprise sur le résultat final ! Trop de recettes de marmelades se contentent de dire : 2 citrons, ou 3 machin, c'est trop imprécis !

Ingrédients :

- citrons jaunes non traités : 250g (environ 3 citrons...)
- bergamotes non traitées : 150g (2-3 bergamotes...)
- eau de source : 500 ml (ou de l'eau filtrée)
- sucre blanc de canne : 500g


1. Brossez les fruits sous l'eau chaude, séchez-les. Eliminez les extrêmités. Pesez : il devrait vous en rester plus ou moins 350g.

2. Coupez les fruits en gros quartiers, éliminez un maximum de pépins avec un couteau. Réservez les pépins dans un nouet. Détaillez en tranches très très fines chaque quartier (idéalement, au robot, grille pour émincer la plus fine).

3. Faites cuire écorces et nouet contenant les pépins avec l'eau, à feu très doux, pendant 1h30, en couvrant hermétiquement (voir méthode ici). Si l'eau réduit trop, rajoutez-en en cours de cuisson, mais pas plus d'1/2 verre. Laissez reposer le tout à température ambiante (12h minimum).


4. Au bout de ce temps, retirez le nouet, ajoutez le sucre et faites cuire à feu vif 15 à 20 minutes, le temps que la marmelade prenne (elle doit monter à 105° C environ).

Attention, le citron est très riche en pectine. Même si la marmelade bouillante vous semble encore très liquide, méfiez-vous, il se peut qu'elle soit déjà prise ! Faites régulièrement le test de l'assiette froide. Si vous attendez que la consistance devienne épaisse à 105°, vous aurez à coup sûr dépassé le point de gélification : une fois refroidie, votre marmelade sera en béton. Il vaut mieux devoir remettre sur le feu une marmelade restée un peu liquide, le cas échéant. A l'inverse, une marmelade trop cuite n'est pas rattrapable.

5. Mettez en pots immédiatement, fermez et retournez les pots quelques instants pour stériliser les couvercles, retournez à nouveau et laissez refroidir complètement.



Attendez 8 à 15 jours avant de déguster...



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Par Natalia - Publié dans : Des confitures
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Vendredi 6 février 2009







Au marché d'Aligre, j'aime bien me fournir chez un maraîcher dont l'étal ne paie pas de mine, mais qui vend des produits sortant du tout-venant de Rungis : minuscules pommes Clochard croquantes et acidulées, oranges amères, petites poires vertes et autres espèces en voie d'extinction ou qui ne se vendent pas à la tonne.

C'est une discrète cagette sans étiquette qui a attiré mon regard tandis qu'on me servait quelques clémentines. Je demande ce que sont ces agrumes plus clairs, plus jaunes, de forme moins régulière. Le vendeur me sourit sans mot dire, s'empare d'un de ces fruits, gratte un peu l'écorce avec son ongle, puis me le tend : je le porte à mes narines : des mandarines ? Il acquiesce. Ce sont bien des mandarines.



Une vraie mandarine


Cette odeur si particulière, très différente de celle des clémentines, me renvoie à notre séjour sénégalais. Les mandarines locales avaient exactement cette odeur, cette pulpe jaune pâle, peu sucrée, peu juteuse mais très riche en pépins, sous une écorce plus verte que jaune, même à maturité.




























Marmelade d'oranges et mandarines à la cannelle



Dans cette marmelade, le goût de la mandarine prédomine largement sur celui de l'orange, dont l'amertume se fait très discrète. L'orange est indispensable car elle apporte de la pectine et un peu de vigueur à la mandarine. Vous pouvez opter pour une orange douce à la place.

Vous pouvez aussi réaliser une marmelade 100% mandarines, mais dans ce cas, il faudra revoir les proportions d'eau et de sucre à la baisse, sinon vous risquez de vous retrouver avec une marmelade trop liquide et trop sucrée.



Préparation : 20 minutes

 

Cuisson : 2h30 + 15 à 30 minutes

 

Repos : 12h minimum

 


- orange amère : 1 (150g)
- mandarines : 3 (environ 350g)
- eau : 1,25 l
- sucre : 750g
- citron jaune : 1 (le jus seulement)
- cannelle : 1 bâton cassé en 3 morceaux dans le sens de la hauteur



Lavez et brossez les fruits sous l'eau chaude. Séchez-les. Entaillez les écorces au couteau et épluchez les fruits. Pour l'orange amère, jetez les parties de l'écorce correspondant au pédoncule. Pour les mandarines, gardez tout. Coupez les écorces en fines lanières de 1 mm de large environ (au couteau, aux ciseaux, ou au robot éminceur grille fine).

Pour les étapes suivantes, faites comme pour la
marmelade d'oranges amères.

Après avoir rempli vos pots, répartissez les morceaux de cannelle dans chacun d'eux, la marmelade continuera à s'imprégner de ce parfum au fil des mois. Fermez les pots, retournez-les quelques minutes pour stériliser les couvercles, retournez à nouveau et laissez refroidir.






Par Natalia - Publié dans : Des confitures
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Vendredi 30 janvier 2009


"I like my marmalade to shine in the morning sun. A bright, jewel-like mixture with thin strands of peel, quivering, but not so loosely set that it drips down the sleeves of my dressing gown". Nigel Slater, The Observer, 25 janvier 2009.




Ces derniers temps, la folie des marmelades a refait surface et les placards ont été regarnis de petits pots d'agrumes doux-amers aux couleurs qui réchauffent l'hiver.

Comme dit l'Homme, les confitures de Natalia sont connues sur trois continents : Afrique,  Europe et depuis peu Amérique du Sud (Guyane), où elles sont arrivées début janvier, dans les valises de B.
 






La semaine passée, pour la 4e fois de ma vie, j'ai tenté de réaliser la marmelade d'oranges amères selon la méthode Delia Smith / Pascale Weeks. Et pour la 4e fois, j'ai loupé mon coup. A chaque fois j'ai le même problème : le liquide de la première cuisson réduit tant qu'il ne reste presque plus rien à la fin des 3h de  la première cuisson. Pourtant je respecte la recette à la lettre : les proportions,
les deux feuilles d'alu sur la marmite, le couvercle et la cuisson à tout petit feu. Une fois encore, il ne restait guère qu'un fond de casserole de jus après 3h de mijotage. J'ai perdu patience et balancé le tout à la poubelle en décidant de tirer un trait sur cette recette. Je suis incapable de la réussir, point à la ligne.


Comme je déteste rester sur un échec, j'ai racheté des oranges amères. La saison est brève, c'est maintenant  et début février, ou alors... l'année prochaine. Et je suis revenue sagement à la-méthode-qui-marche-à-tous-les-coups : la mienne, un peu revue pour l'occasion (voyez le "Petit guide des marmelades" pour les principes de bases... mais non, mes chevilles ne sont pas en train d'enfler).



Qui croirait que ces jolis quartiers sont immangeables tels quels ?




Marmelade d'oranges amères



Préparation : 20 minutes

Cuisson : 2h30 + 15 à 30 minutes

Repos : 12h minimum


Pour environ 3 pots de 370 g (c'est le format "Bonne Maman", mais vous pouvez utiliser des pots plus petits) :

- oranges amères : 500 g

- eau de source ou eau filtrée : 1,5 litre

- sucre blanc : entre 850g et 1 kg selon votre goût pour l'amer ou le sucré

- citron jaune : 1 (chair et jus seulement)


1. Lavez et brossez les oranges sous l'eau chaude. En principe elles ne sont pas traitées mais il vaut mieux éliminer toute saleté, tout résidu indésirable. Séchez-les.


2. Coupez l'écorce des fruits côté pédoncule et jetez cette partie (c'est tout ce qu'on jette !). Entaillez ensuite les oranges sans entamer la chair, dans la longueur. Epluchez-les proprement de manière à obtenir quatre beaux morceaux d'écorce. Coupez les écorces en fines lanières d'1 mm de large pour obtenir le "fine cut", 3-4 mm pour le "medium cut". Pour obtenir le "fine cut" sans y passer des heures, le plus simple est d'utiliser un robot éminceur., grille la plus fine. Disposez les écorrces avec soin dans le goulot du robot, de manière à obtenir une taille régulière. Le résultat est incomparable. A défaut de robot, utilisez un couteau très affûté ou des ciseaux de cuisine. Evitez en revanche de passer les écorces au couteau mixeur et d'en faire de la charpie, ce serait dommage pour l'aspect esthétique de la marmelade.


3. Taillez la chair en petits morceaux sans jeter les (nombreux) pépins que vous allez découvrir au fur et à mesure. Faites de même avec la chair du citron (mais jetez les écorces de ce dernier, ou gardez-les pour une autre recette - des écorces confites, par exemple). Placez chair et pépins des fruits dans un nouet (un grand morceau de gaze stérile auquel vous ferez un noeud, ou, mieux, une mousseline en nylon pour gelées et confitures). Mettez nouet, écorces et le jus que vous aurez éventuellement recueilli après la taille de la chair dans une grande marmite à fond épais dotée d'un couvercle.

Pour une fois, contrairement à la recette de base, pas de macération préalable, on cuit directement les écorces à l'eau.


4. Versez l'eau dans la marmite et portez à ébullition, puis installez la marmite sur le plus petit feu de votre table de cuisson et réduisez ce feu au minimum. Couvrez et laissez  cuire 2h30 en surveillant le liquide : s'il réduit trop, rajoutez un peu d'eau (1 verre maximum, surtout pas plus, sinon la marmelade ne prendra pas). En fin de cuisson, laissez tiédir la marmite. Puis pressez aussi fortement que possible le nouet au-dessus de la marmite pour en retirer tout le jus et la pectine. Jetez le contenu du nouet. Laissez la marmite à température ambiante jusqu'au lendemain (12 heures minimum, idéalement 24h). 

5. Le lendemain, ajoutez le sucre, remuez pour le dissoudre un peu. Remettez sur la table de cuisson et faites cuire à feu moyen-vif jusqu'à ce que la marmelade prenne en gelée : cela nécessite entre 15 et 30 minutes, la température (si vous avez une thermosonde, c'est le moment de vous en servir) doit atteindre 104-105°, pas plus, sinon la marmelade risque de virer au sirop, puis au caramel. Faites régulièrement un test de cuisson : versez une cuillerée de sirop sur une assiette très froide, attendez une minute ou deux, si le sirop plisse et ne coule plus quand vous penchez l'assiette, il faut arrêter la cuisson et mettre en pot immédiatement.


6. Dès que les pots sont remplis, fermez-les, retournez-les 2-3 minutes pour stériliser les couvercles, retournez-les à nouveau et laissez refroidir. C'est là seulement que vous saurez si vous avez obtenu la bonne consistance : si la marmelade se gélifie alors que les pots sont encore chauds, c'est qu'elle est trop cuite... Si la marmelade reste liquide après refroidissement, c'est qu'elle ne l'est pas assez. Dans le premier cas, pas grand chose à faire, à part détendre un peu la marmelade avec de l'eau quand vous la servirez. Dans  le cas inverse, il suffit de rouvrir les pots et de remettre à cuire quelques minutes. Mais gare à bien surveiller !



Je l'ai déjà dit et écrit dix fois mais il faut attendre au moins 8 jours, idéalement 1 mois avant de consommer une marmelade d'agrumes. Consommez-la de préférence dans l'année, après ce délai, elle décline.

Enfin,  si vous n'aimez pas beaucoup les toasts d'orange marmelade, goûtez donc au Marmelade orange cake de Nigel Slater (chez Mingoumango et chez Patoumi).
Mais surtout, ne manquez pas de jeter un oeil à sa recette de marmelade d'oranges de Séville, publiée le 25 janvier dernier dans le journal britannique The Observer. L'article qui accompagne la recette est à lieu seul un délice...

 

 


D'autres marmelades à la manière de Natalia ?

- Marmelade de clémentines 
(pour ceux qui n'aiment pas l'amer...)
- Marmelade de pamplemousses
(un must, très parfumée et plus douce que l'orange amère)
- Marmelade de pamplemousses et mandarines
(pour l'équilibre entre amertume et douceur)
- Marmelade d'oranges sanguines
(irrésistible couleur corail...)
- à venir : la marmelade de mandarines (des vraies mandarines, pas des clémentines) et la marmelade aux deux citrons



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Par Natalia - Publié dans : Des confitures
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Lundi 17 novembre 2008




Un rayon de soleil perce à travers les nuages et vient réchauffer mon bureau envahi par la grisaille d'un mois de novembre triste et maussade. Cela fait du bien.






Mon esprit vagabonde, je n'ai pas envie de penser aux copies à corriger, aux cours à préparer, à la grève de la SNCF, aux salles de cours qui ne sont pas chauffées à Poitiers.

J'ai envie d'une promenade en forêt, loin de la foule parisienne, loin des expos bondées du Grand Palais, loin de la circulation assourdissante des boulevards parisiens, loin des adresses chics, chères et invariablement prises d'assaut quand il vous prend l'envie d'y faire un tour.

Je me réfugie à la maison et dans mon quartier. Au marché d'Aligre, on trouve en ce moment des courges spaghetti. Je lorgne sur ces courges depuis fort longtemps, avec une idée bien précise : en faire de la confiture.

Je ne suis pas une adepte des confitures de courges d'une manière générale. Mais la confiture de courge spaghetti est à part. C'est une merveille à laquelle il faut absolument avoir goûté au moins une fois dans sa vie.

Cette spécialité typiquement espagnole (mais quasi inconnue chez nous, sauf depuis que les courges sont redevenues à la mode) sert à fourrer de nombreuses préparations et en particulier les ensaimadas, ces petites viennoiseries en forme d'escargot.

Une confiture très douce, au goût relativement peu prononcé, mais qui séduit les papilles à cause de sa couleur d'or et de ses filaments fondants dans la bouche. Des "cheveux d'anges", disent les Espagnols ("cabello de angel"). Plus élégant que "courge spaghetti", vous en conviendrez. La confiture des anges...

Beaucoup sont sceptiques avant de goûter, peu y résistent en fin de compte. Si vous n'êtes pas adepte des tartines de confiture ni de la confiture en général essayez donc d'en  fourrer une brioche, un biscuit roulé, ou encore une galette feuilletée : c'est à ce genre de préparation qu'elle se prête le mieux.






Confiture de cheveux d'ange






Ingrédients :


- 1 courge spaghetti d'environ 1 kg
 - sucre (poids variable selon la quantité de chair recueillie)
 - 1 bâton de cannelle
 - 1/2 de gousse de vanille
 - le jus d'1 petite orange (env. 5 cl)


1.
Préchauffer le four à 180°C (thermostat 6). Y glisser la courge entière, lavée mais non pelée et laisser cuire 45 minutes à 1 heure jusqu'à ce que la chair soit parfaitement tendre (glisser de temps en temps un couteau pour vérifier). Attention à ne pas laisser brûler la peau, sinon, baisser le four et couvrir d'un papier aluminium. Vous pouvez également opter pour une cuisson à la vapeur, si vous avez un récipient suffisamment grand pour contenir la courge entière (pas de risque de brûlure de l'écorce).

Il est beaucoup plus pratique de procéder ainsi plutôt que d'éplucher la courge crue et de couper la chair : c'est redoutablement dur voire dangereux en cas de dérapage...

2.
Ouvrir la courge en deux et prélever le maximum de chair, couper cette chair en morceaux.




3. Peser la chair, puis la mettre dans une grande bassine ou une casserole bien large, ou un wok. Ajouter environ 3/4 du poids de la chair en sucre (pas plus, sinon le goût sera trop sucré, pas moins, sinon la confiture ne "prendra" pas car la courge est assez pauvre en pectine).

Pour une meilleure prise, on peut remplacer une partie du sucre ordinaire par du sucre gélifiant spécial confitures type Gelsuc : par exemple, pour 1 kg de chair de courge, 250 g de sucre gélifiant et 500 g de sucre ordinaire.


4. Ajouter le jus d'orange, le bâton de cannelle et la 1/2 gousse de vanille fendue en deux. Faire cuire à feu vif en remuant souvent jusqu'à atteindre le point de gélification (104-105°C environ). Retirer le bâton de cannelle et mettre en pots immédiatement, fermer et retourner les pots quelques instants, retourner à nouveau et laisser refroidir.






Bon à savoir : juste après cuisson, cette confiture vous paraîtra certainement assez fade, vous ne sentirez que le goût du sucre et des épices. C'est d'ailleurs le cas de toutes les confitures, et surtout des plus douces au point de vue du goût. Il faut attendre 8 jours au moins avant de déguster ou de cuisiner les confitures. Les arômes de fruits se développent avec la conservation. N'attendez pas trop quand même, au-delà d'un an, les confitures ont plutôt tendance à décliner. 


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Par Natalia - Publié dans : Des confitures
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Samedi 12 avril 2008

 

 

 

Une promenade culinaire m'a récemment conduite chez Gato Azul. J'y ai trouvé quelque chose de très beau et de très surprenant. Pas une recette inouïe ou une idée de génie (je ne veux pas dire que ce blog n'en compte pas !). Pas d'ingrédient insolite en passe de devenir du dernier chic bloguistique comme le seva (notez au passage que yuzu, pandan, fève tonka et matcha sont complètement has been).


Non, j'ai été surprise par une musique peu habituelle sur la Toile. La mélodie pudique et contemplative d'une sarabande. Je suis restée plusieurs minutes, accablée par l'émotion, savourant chaque note, écoutant la pièce en boucle. Un plaisir mêlé à une sensation d'étrangeté. Une sarabande pour luth sur un blog de cuisine ! L'auteur de la pièce ? Sylvius Leopold Weiss, un contemporain de Bach, le plus grand luthiste du 18e siècle. Un Polonais (si l'on peut considérer comme tel un homme né en Silésie en 1687).


Le luth est l'instrument dont j'ai rêvé pendant des années avant de commencer à en jouer. La forme en poire, le dos côtelé, le manche cassé, la sonorité douce et raffinée, cela m'a toujours fascinée.


Dans la famille, tout le monde lit la musique. Je suis tombée dans la marmite très tôt, presque avant de savoir lire tout court. Côté maternel, la musique, c'était surtout (je devrais dire seulement) la guitare. Ascendence ibérique oblige... J'ai donc commencé la guitare sous l'égide de mon grand-père, pédagogue austère ne jurant que par la méthode Pujol - des milliers d'exercices aussi efficaces que peu avenants. Ensuite, je suis entrée au conservatoire.


Les années passant, j'ai commencé à me sentir à l'étroit avec la guitare. J'aimais la musique ancienne. Je regrettais de ne pouvoir jouer dans l'orchestre, avec mes copines. Rien de tout cela n'était fait pour la guitare. Quelle frustration.


Mon frère a été plus habile : lui, c'était le piano ou rien. Mes parents ont froncé le sourcil mais ont cédé. Le plus drôle, c'est qu'après avoir été un excellent pianiste, il s'est épris de guitare. Dans son répertoire plutôt électrique que classique, n'empêche, il est sacrément fortiche. 


Vers 15 ans, j'ai suggéré à mes parents de me laisser apprendre un 2e instrument. Je lorgnais sur le violoncelle (le luth était encore du domaine de l'imaginaire pur). On a jugé que c'était déraisonnable. Je faisais bien assez de choses. Après, il y a eu la prépa, le(s) concour(s), les études, puis le boulot. J'ai continué à gratter (je déteste ce mot) de temps en temps, mais j'étais insatisfaite tant de l'instrument que de mes performances déclinantes. Je songeais de plus en plus à passer au luth…


Un jour, ce rêve est devenu réalité. Mon luth est venu de la forêt de Brocéliande, mon professeur d'Argentine. J'ai partagé des moments uniques avec d'autres amateurs de musique ancienne. 







Puis il y a eu le départ au
Sénégal. Là-bas, point de luthiste, point d'ensemble, point de professeur. J'ai perdu la main. Depuis le retour à Paris, le luth est dans sa boîte, dans un petit coin, comme en disgrâce. Le temps que je consacrais au luth, je l'ai donné aux Casseroles, d'une certaine manière. On ne peut pas tout faire... Mais je me dis que je pourrais parler un peu plus de musique, après tout, sur ce blog.


La rencontre inattendue avec la Sarabande de Weiss m'a fait ressortir un disque pas vraiment exceptionnel, mais dont vous apprécierez, comme moi, je pense, la délicieuse pochette. La petite histoire dit que Bach et François Couperin entretenaient une correspondance, aujourd'hui disparue : Mme Couperin se servait de ces lettres pour couvrir ses pots de confiture...










Confiture de rhubarbe et fraises des bois
comme chez les Couperin






Pour deux petits pots environ :

- 500g de rhubarbe (un peu rose de préférence, pour obtenir une couleur bien acidulée...)
- 300g de sucre
- 1 petite barquette de fraises des bois (environ 100g) (à défaut, des Mara des bois, ou des fraises d'une autre variété selon la saison)
- le jus d'un demi-citron

Eplucher un peu la rhubarbe si elle est filandreuse. Tailler les tiges en deux dans la longueur puis découper en tronçons de 2 cm de long environ.

Couvrir avec le sucre et laisser macérer à température ambiante pendant 12 heures environ.

Au bout de ce temps, ajouter le jus du demi-citron et les fraises des bois entières. Faire cuire à feu vif jusqu'à atteindre le point de gélification (105° C environ). Mettre en pots, retourner les pots fermés quelques minutes, puis laisser refroidir.

Couvrir les couvercles des pots avec le manuscrit de votre choix (musical pour moi). 


Consommer dans les 6 mois et conserver en lieu frais (cave, à défaut au réfrigérateur) car cette confiture contient peu de sucre. Ne vous inquiétez pas de la prise, la rhubarbe est riche en pectine.

Avec du mascarpone parfumé au sirop de gingembre et quelques fraises des bois fraîches, cela fait un dessert de printemps tout frais et pimpant.

N.B. : après dégustation, prenez soin de conserver le bout de manuscrit qui recouvre les pots de confiture et d'en faire don à la
Bibliothèque nationale de France, vous régalerez des générations de bibliothécaires et de chercheurs...

N.B. (2) : on peut corser cette confiture avec 30g de gingembre confit haché, ajouté en fin de cuisson.





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Par Natalia - Publié dans : Des confitures
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