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Mercredi 30 avril 2008


 



Je ne participe pas beaucoup aux jeux de la blogosphère. Pas par principe, mais parce que je me sens toujours à côté de la plaque, dépassée. Et puis j’ai un métier auquel je dois consacrer le peu d’inspiration que m’alloue quotidiennement un cerveau monotâche et peu créatif. 


Mais quand j’ai vu le jeu lancé par Marion (Il en faut peu pour être heureux...), je me suis dit que si je devais en faire un, c’était celui-là. L'idée est géniale : proposer une recette d’où l’ingrédient vedette est potentiellement absent ! Voilà qui témoigne d’un certain sens de la dérision.


Pour ceux qui n’auraient pas suivi ou qui seraient un peu mous du clic mulotique, l’ingrédient en question, c'est l’extrait de pandan.


Quid ? Allez voir dans Google et tapez "pandan", vous comprendrez vite de quoi il retourne.


Du pandan, je ne sais finalement pas grand chose si ce n'est que
:


- c'est un truc qu'on extrait des feuilles d’une plante et que c'est très utilisé dans la cuisine du Sud-Est asiatique
- c’est aussi vert que Shrek
- ce n’est pas la nourriture favorite du panda (malgré la ressemblance entre les deux mots, le panda aime mieux manger du bambou)
- c’est à peu près introuvable en Europe sauf si l’on adhère à la filière néerlandaise (mais non, c’est pas de la came…)
- on trouve cependant un arôme de synthèse dénommé extrait (ou essence) de pandan dans certaines épiceries asiatiques, mais son plus fin connaisseur dit que c'est un ersatz sans rapport avec le vrai goût du pandan.

 

Pour le commun des mortels, le pandan reste un produit virtuel (un peu moins virtuel que le seva quand même... ^ ^). Ces modes (ou blagues...) surgissent du néant des cuisines les plus en vue de la Toile et se répandent comme une traînée de poudre (j'vous assure pourtant que c'est pas d’la came…). Elles font du machin le plus exotique et le plus méconnu qui soit un ingrédient phare du consumérisme alimentaire occidental (que personne ne se sente visé en particulier, je ne dis pas cela que pour moi).


Donc moi, Natalia, obsédée culinaire et loseuse patentée en matière de blog, j’ignore tout du goût du pandan. Mais depuis que je sais que ça existe, je suis malheureuse comme la pierre de ne pouvoir m’en procurer.

Quelle frivolité ! Pendant ce temps, les peuples d’Afrique se demandent s’ils vont pouvoir acheter leur prochain sac de riz.


Revenons au jeu de Robin et Marion (que vient faire Robin ? Réaction de médiéviste encore...) Si j’avais du pandan, je ferais un gâteau marbré vert et blanc. Avec du chocolat blanc. Et avec une petite touche de seva aussi ;-). Un tout petit peu, là, juste pour compléter la gamme chromatique. Ce serait tellement plus joli...  

D'ailleurs si ça se trouve, l’association seva-pandan serait ignoble. Assurément, sinon d’autres auraient essayé avant moi. Ouais, c’est certain, seva + pandan, c'est au-delà de l'imaginable, c'est monstrueux.


Donc cet improbable marbré serait vert, bleu et crème. Parce que le chocolat blanc n’est pas blanc. Même qu'avec les œufs, il devient un peu jaune.


Il plairait aux enfants, il ferait fuir les conformistes, il intriguerait les curieux, il ne rebuterait pas les foodistas.

 

En attendant l’Œuvre, qui ne verra jamais le jour (puisque le seva n'est qu'un poisson d'avril et que le vrai pandan est quasi introuvable par ici), voici l’esquisse. En couleurs et monogustative.

 



Marbré au chocolat blanc tricolore (sans pandan, sans seva oui j'insiste)

adapté du marbré matcha-chocolat blanc


 


Il a pas l'air commode, l'animal  !



Pour un moule à cake soit une douzaine de tronches tranches de cake :


- 3 œufs

- 180g de farine

- 125g de beurre allégé (ici du « fleurier » que j’ai eu gratis, c’est pas mon genre d’acheter ces trucs-là, et pas question d’étaler ça sur mes tartines ni de le jeter direct à la poubelle)

- 125g de sucre

- 70g de chocolat blanc

- colorant vert (+ extrait de pandan si on en a)

- colorant noir-violet (avec le jaune de la pâte ça fera du bleu)

- 1 cc de levure chimique

 

1. Faire fondre le chocolat blanc au bain-marie. Cela prend du temps, et ça colle, c’est normal.

2. Préchauffer le four à 200°.

3. Fouetter le sucre et les œufs entiers dans une terrine. Ajouter la farine et la levure tamisées, le beurre fondu, le chocolat blanc fondu. Bien homogénéiser l’ensemble.

4. Diviser l’appareil en trois parts plus ou moins égales (à vous de voir...). Ajouter dans l’une le colorant vert (+ l’extrait de pandan si on en a), dans l’autre, le colorant noir-violet.

5. Beurrer un moule à cake s’il n’est pas en silicone. Faire trois couches avec les trois couleurs de pâte : j’ai mis dans l’ordre : bleu, vert, crème. (quel que soit votre choix, sachez que la couche du dessous aura tendance à passer sur les côtés et à se retrouver dessus, à la fin).

6. Cuire 10 minutes à 200° puis 30 minutes à 180°, si la cuisson n’est pas terminée au bout de ce temps, éteindre le four et laisser le marbré dans le four éteint un quart d’heure.

 


Verdict ? Excellent bien sûr. Ce gâteau accroche le regard, il est moelleux mais pas humide, fondant mais pas gras. Sa croûte est croustillante (tout au moins dans les heures qui suivent la sortie du four), et on adore son petit goût de chocolat blanc.


En fin de compte, les colorants sont un moyen ludique de relooker les classiques que tout le monde aime. Vous ne hurlez pas au sacrilège quand vous colorez vos macarons ? Alors laissez-vous tenter par les gâteaux aux couleurs artificielles. Testez au passage la finesse des papilles de votre entourage : dites que c’est un marbré vanille-menthe-curaçao. Ou qu’il y a du pandan et du seva. Amusez-vous des réactions...

 

Voilà. Ceci était ma participation au jeu « Si j’avais du panda, je ferais… mais je n’en ai pas ». Avec une recette aussi naze et toutes les conneries que je viens d’asséner, je n’ai aucune chance de gagner un flacon d'essence de pandan. Encore moins l’estime de Marion.


 

 



Bonne manif' du 1er mai
et joyeux week-end de l'Ascension


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par Natalia publié dans : GÂTEAUX
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Lundi 7 avril 2008


La semaine du développement durable se termine aujourd'hui. La BnF a organisé pour l'occasion toute une série de manifestations et d'actions de sensibilisation.


Entre autres, des démonstrations de grimpeurs-élagueurs dans le jardin. Une solution plus écolo (et plus sportive) que les élévateurs mécanisés... Encore qu'on pourrait se demander ce qu'il reste à élaguer dans cette forêt plus déplumée que le bois de Boulogne au lendemain de la tempête de 1999. Les pins n'y tiennent que parce qu'ils sont haubanés, les feuillus ont une croissance qui rivalise avec celle de la toundra.


Il faut dire que l'hiver, sans être tout à fait sibérien, commence à devenir longuet…



7 avril 2008

 


Pour revenir au développement durable, moi, ça me fait plaisir, ces types qui grimpent aux arbres. Mais quand c'est pour tailler deux branchettes en train de mourir de solitude, cet élagage écolo ne devient-il pas anecdotique ? Comme qui dirait, l'arbre qui cache la forêt ?

Parce que c'est bien beau le jardin de la BnF, mais quelle solution de développement durable va-t-on trouver pour tout le reste :

- l'entretien des 75 000 m2 de vitrages et des 365 000 m2 de planchers
- la réduction d
es 75 tonnes de déchets annuels
- les 27 tonnes de courrier qui arrivent chaque année (sachant qu'on ne peut pas pilonner les livres, dans cette maison…)
- le recyclage des 250 serveurs, 3 600 ordinateurs, 1 400 imprimantes
- la facture énergétique : la BnF consomme autant d'électricité qu'une ville de 30 000 habitants (sauf que c'est un établissement de 2600 personnes), elle a grillé en 2006 environ 36 000 ampoules électriques, et elle fait fonctionner en permanence 4 centrales de climatisation qui brassent chacune 1050m3 d'air à l'heure.


Qui n'a pas pensé que des éoliennes pourraient battre des records de rendement énergétique sur l'esplanade ;- ) ? Hélas, elles risqueraient surtout de défigurer l'œuvre de D. Perrault (tout comme les plantes vertes dans les bureaux, théoriquement interdites par respect du droit d'auteur).

Dans tous les cas, il va falloir plancher sur la question, puisque désormais la Bibliothèque nationale de France fait partie des 33 établissements et entreprises qui ont signé la Charte du développement durable, lors de la grand messe du 2 avril dernier.


 

***********

 


Sinon, côté potins bénéfiens, une rumeur affligeante circule depuis quelques jours. Le président – je veux dire celui de la BnF, Bruno Racine – prend soin de Sophie Calle. L'artiste aurait perçu une somme rondelette pour son exposition salle Labrouste (rouverte pour l'occasion, elle était fermée depuis 10 ans...), dont la mise en scène a été confiée à Daniel Buren (dont je doute qu'il puisse bosser gratis...). S. Calle avait déjà eu les honneurs d'une exposition intitulée « M'as-tu vue », au centre Georges Pompidou, fin 2003. A l'époque, qui était président de Beaubourg ? Bruno Racine. Sans doute un pur hasard... Vraie ou non, cette histoire de gros sous (et de copinage ?) m'a ôté toute envie d'aller voir l'expo en question...


 

 


***********

 

A part cela, je voulais vous faire part d'une incroyable nouvelle dont vous vous fichez sans doute un peu, mais ma joie est telle qu'il faut que la partage : j'ai enfin fabriqué le pain d'épices de mes rêves. Celui dont je garderai la recette pour toujours. Lors de mon dernier essai (celui de la Saint-Nicolas) je vous avais dit que je projetais de me lancer dans la confection d'une pâte-mère (la méthode traditionnnelle et ancienne pour faire lever le pain d'épices, à l'époque où levure et bicarbonate n'étaient pas en vente à Carrefour...)


Entre temps, je suis tombée sur une recette de cake aux épices dans Elle à Table, recette que j'ai adoptée après l'avoir bien triturée, torturée, adaptée, revue et corrigée. En est ressorti, à mon grand étonnement d'ailleurs, LE pain d'épices dont je ne saurais me séparer à l'avenir. Et tant pis pour la pâte-mère, je crois que je vais très bien vivre sans.

 

Pour les puristes, je précise tout de suite qu'il y a du beurre (un peu) dans ce pain d'épices. Si l'idée choque vos convictions profondes, tant pis, vous ne savez pas ce que vous perdez ;-)

 

 


Le plus doux, le plus parfumé, le plus moelleux des pains d'épices

 

 

 




La pâte


Partez sur la base d'1 tasse = 300 ml

- 1 tasse de lait fermenté (je prends du maigre, marque Candia)

- 1/2 tasse de miel

- 1 tasse de sucre

- 1 tasse de farine de blé T55

- 1 tasse de farine de seigle

- 1/4 de tasse de beurre doux fondu (environ 50g)

- 1 cc bombée de bicarbonate de soude

- facultatif : du gingembre confit haché menu (environ 50g)

 


Le mélange d'épices


A moduler en fonction de vos goûts bien sûr : je ne suis pas fan de clou de girofle, je trouve que les mélanges du commerce ne sentent souvent que cela, donc je fabrique le mien de manière empirique, vous pouvez partir de la base suivante, en pilant les épices en morceaux au mortier avant de les mélanger aux épices en poudre et de les tamiser soigneusement, pour ne pas laisser de morceaux (vous pouvez n'utiliser que des épices en morceaux mais c'est plus difficile à doser...) :


- 2 petits clous de girofle

- 1 étoile de badiane

-1/2 cc rase de muscade moulue

- 2 cc légèrement bombées de cannelle moulue

-1/2 cc rase de graines d'anis vert

- 1 cc rase de gingembre en poudre (1/2 si vous mettez du gingembre confit dans la pâte)



1. Préchauffez le four à 200° C.


2. Dans une saladier, fouettez le lait fermenté, le sucre et le miel. Ajoutez les farines, les épices (2 à 3 cc rases du mélange ci-dessus), le bicarbonate, le gingembre confit si vous en mettez, le beurre fondu. Mélangez jusqu'à obtenir une consistance homogène.


3. Beurrez légèrement un plat rectangulaire ou carré allant au four (je prends un moule à charnière rectangulaire). Déposez une feuille de papier sulfurisé sur le fond (facilite le démoulage, même avec un moule à charnière).


4. Versez la pâte dans le moule, enfournez et baissez le four à 180°. Laissez cuire environ 45 minutes. Attention, il ne faut pas que le fond et les bords brûlent, cela donnerait un goût amer et désagréable. Au besoin, baissez le four à 150° en fin de cuisson.


 

5. Laissez tiédir avant de démouler. Le pain d'épices est cent fois meilleur le lendemain, et 200 fois le surlendemain. Il se conserve une bonne semaine si on l'enveloppe dans du papier aluminium, et il se congèle parfaitement bien.


Se déguste volontiers avec du beurre salé ou du fromage frais. S'accompagne d'un bon thé, mais supporte aussi un café lavasse à la mode germano-nordique. Du moment que ça réchauffe…

 

 

 


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par Natalia publié dans : GÂTEAUX
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Mardi 12 février 2008


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Enfant, j’étais chétive. Le médecin avait prédit que je ne dépasserais pas le mètre 45.
On me donnait 2 ou 3 ans de moins que mon âge. Alors que je m’apprêtais à rentrer en première S, un gentil voisin de résidence de vacances (qui avait exactement mon âge) m’avait demandé si j’étais en 5e ou en 4e ! 

Heureusement, la prophétie du médecin s’est révélée fausse : avec 20 centimètres de plus que prévu (et sans hormones de croissance) je suis tout à fait dans la moyenne.
 Et je fais tout pour ne plus ressembler à une petite fille.


1. J'ai coupé mes très longs cheveux (qui ne sont pas blonds contrairement à ce croit ma mère, pour qui j’ai toujours la couleur de mes 8 ans après un mois au soleil…).


2. J'ai arrêté de m'habiller en 14 ans Petit Bateau (sauf quelques tee-shirts). J'évite les vêtements rose pâle ou bleu layette (heureusement je n'ai jamais vraiment aimé le rose).


3. J'ai cessé depuis longtemps de dormir avec Noisette, mon écureuil en peluche.

4. Je ne suis pas du tout portée sur les nourritures régressives (sauf la crème de marrons), ni sur les accessoires girly.

5. Je suis incapable de mettre le nez dehors sans une touche de rouge à lèvres et un voile de poudre de soleil. J'en mets même pour rester chez moi.


6. J’ai le sourcil soigneusement épilé et le cheveu brushé (le meilleur moyen de me mettre de mauvais poil est de me priver de sèche-cheveux pendant plus de 36h)
 


7. Je trouve les bijoux, les vrais, les beaux, irrésistibles. Surtout les diamants. Au grand désespoir de J. (qu'il se rassure s'il passe par là, ce n'est pas un appel du pied pour la saint Valentin...)

8. J’ai un début de patte d'oie et quelques cheveux blancs, et depuis 2 ans environ je me plains régulièrement du dos en me levant le matin.


9. A mon âge, les espoirs de maternité commencent tout doucement à diminuer.


10. Enfin, je sais être sèche et désagréable comme une vieille bibliothécaire (même sans chignon puisque j'ai les cheveux courts).



Malgré ça, les choses n'ont pas tellement changé. Aux yeux des autres, je reste une gamine qui vient d'entrer dans la vie.


Très jeune pour les collègues, qui me regardent avec la bienveillance qu'on a pour les gosses, pensant que je suis entrée dans la vie active il y a 2 ans, alors que ça fait exactement dix ans.

Trop jeune pour mes chefs. L’argument revient sans cesse. Je rêve d'un jour où je prendrai ma revanche. Sûr que ça viendra (avec l'âge !).

Jeune pour tous ceux que je croise au quotidien, qui m’appellent mademoiselle en présence de l'Homme, et me prennent régulièrement pour sa fille. Mon plus beau souvenir en la matière reste une soirée dans les salons de la Mairie de Paris, il y a quelques années, et la gigantesque gaffe de l’élu de l’époque, un certain Jean T.

Comment leur en vouloir ? Chaque fois que je croise ma silhouette dans un miroir, pour peu que j’aie enfilé un jean et chaussé des Pataugas, j’ai l’impression de voir une ado de 16 ans : une planche au visage rond avec parfois quelques boutons d’acné (pas juvénile, dans mon cas, c’est fichu jusqu’à la ménopause). Si je grossis, j'ai seulement l'air d'une adolescente un peu encombrée de son corps, pas d'une vraie femme.

Pour gagner en poids social, quand je vais bosser ou quand j'ai rendez-vous avec un étudiant de Master 2, je m’habille un peu classe, je prends mon air supérieur (ça m'est très naturel) et je chausse l'une de mes plus belles bagouses.

Et puis j'ai remarqué que le fait de savoir cuisiner était une façon commode de trouver sa place dans le monde des adultes. Donc j'apporte régulièrement les meilleurs brownies du monde à mes collègues, et comme le chef est un véritable chocolatomane, je me fais une réputation d'enfer.


La dernière fois, pour changer des brownies, j'ai eu envie de faire connaître une spécialité bien à moi, ou plutôt, un grand classique familial : les mantecaos. 


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Ce sont des petits sablés très fondants parfumés à la cannelle. Leur consistance, due à l’utilisation de saindoux, est unique. Ne fuyez pas : la graisse de porc ne sent ni le lard fumé, ni le saucisson

Les mantecaos sont sans doute d’origine espagnole (manteca = saindoux). En Andalousie, on élide beaucoup de consonnes dans les mots, d'où le nom de mantecaos mis pour mantecados. Mais ces petites douceurs sont surtout connues des Pieds-noirs, en particulier des Oranais (beaucoup étaient d’origine ibérique), qui les appellent plutôt montecaos (à cause de l'accent de là-bas).


Ces petites choses sont tout simples mais un peu délicates à réussir. Tout se joue à la cuisson.
 

Pour deux douzaines de mini mantecaos 
 


1. Pesez 250g de farine, 125g de saindoux, 125g de sucre en poudre. Mélangez en travaillant du bout des doigts, de façon à obtenir une texture sableuse.


2. Formez de petits boules un peu aplaties sans trop comprimer la pâte que vous disposez sur une plaque à pâtisserie. Saupoudrez chaque boule d’une pincée de cannelle.


3. Enfournez à 150° C pour 10 à 15 minutes en fonction de la taille des boules. 

Surveillez très attentivement la cuisson. Les mantecaos ne doivent pas colorer, tout juste se craqueler sur le dessus. Dès qu’ils sont un peu fissurés, ils sont cuits. Si on attend plus longtemps, ou pire, qu’on les laisse blondir, l’intérieur devient dur comme du béton en refroidissant.
 Les mantecaos doivent être un peu croquants à l’intérieur, et très sableux à l’extérieur : ils explosent en miettes dès que vous mordez dedans. Ça fait partie de leur charme ! 

 

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P.S. : ne tentez surtout pas de les faire avec du beurre ou de la margarine. La texture et le goût n’auront rien à voir. Certains les font à l'huile, en particulier les Maghrébins qui, pour des raisons religieuses, n'utilisent pas de graisse de porc. Donc l'huile, à la rigueur. Mais le résultat est différent de ce que j'ai connu étant enfant, lorsque j'aidais ma grand-mère à les fabriquer.
 

P.P.S : le saindoux, vous le trouverez chez le charcutier et dans quelques grandes surfaces (entre autres pour les Parisiens, chez Franprix place d’Aligre).

P.P.P.S : ils se gardent une dizaine de jours dans une boîte en fer, à l'abri de l'humidité. Mais vous aurez tout boulotté avant...

P.P.P.P.S. : pour ceux qui auraient un doute, ce n'est pas par conviction politique que je me suis retrouvée à la table de Jean T. à la Mairie de Paris !



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par Natalia publié dans : GÂTEAUX
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Mercredi 9 janvier 2008



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Il y a des jours comme ça. Des jours où, en toute bonne foi, vous accumulez les bourdes.

Cela commence par une petite boulette de rien du tout à propos des responsabilités administratives d'un collègue. Oups, vous vous rendez compte de l'erreur, vous rectifiez et vous excusez platement.
Ensuite, comme vous allez toujours un peu trop vite, lorsque votre chef vous parle "numérique", vous interprétez "numérisation". Grave erreur ! 

A la troisième action décisive de la journée, un futur chef putatif, sans doute levé du pied gauche, vous envoie une volée de bois vert. Le procès que l'on vous fait est injuste, ça ne fait aucun doute. Vous essayez de calmer le jeu, mais vous avez le sentiment de vous enfoncer. De toute façon vous n'avez jamais eu le sens de la flatterie hiérarchique... 

Mortifiée pour le reste de la journée par cet épisode, vous arrivez chez vous en vous disant qu'une bonne galette fera oublier tout ça.

Vous étalez votre pâte feuilletée, tout fière de votre oeuvre. Vous préparez la frangipane d'après la recette de Pascale sur Goosto.fr
:


Pour la crème d'amande (pour une grande galette...)
  • - 3 oeufs
  • - 125 g de poudre d'amandes
  • - 125 g de sucre
  • - 125 g de beurre mou
  • - 2 gouttes d'extrait d'amandes amères
  • - 2 cuil. à soupe d'eau de fleur d'oranger ou d'un alcool de votre choix
Pour décorer
  • - 1 jaune d'oeuf
  • - 1 cuil. à soupe de lait
  • - une fève
    - une couronne
1. Travaillez le beurre à l'aide d'une fourchette jusqu'à ce qu'il soit bien crémeux. Ajoutez la poudre d'amandes, le sucre et mélangez. Ajoutez les oeufs légèrement battus, l'extrait d'amandes amères et l'eau de fleur d'oranger. Mélangez bien à l'aide d'un fouet. Réservez au frais afin que la crème soit suffisamment ferme pour être étalée sans couler.

2. Préchauffez votre four à 200 °C (th. 7). Mélangez un jaune d'oeuf avec le lait. Sur une plaque de cuisson anti-adhésive, posez un disque de pâte feuilletée. Badigeonnez son pourtour avec le mélange oeuf-lait, sur environ 2 cm de largeur. Etalez la crème d'amandes en laissant le pourtour badigeonné libre. Déposez une fève en l'enfonçant légèrement. Posez le second disque, lissez avec vos mains afin de faire sortir l'air. Faites-le adhérer avec le premier en appuyant légèrement avec vos doigts, sur tout le pourtour.

3. Faites une légère entaille au milieu afin que la galette ne gonfle pas trop. Faites des petites entailles sur le pourtour, avec la pointe d'un couteau. Dessinez sur la surface, avec le coté non tranchant d'un couteau des losanges, des épis ou autre dessin. Dorez toute la surface avec le mélange jaune d'oeuf/lait en passant 2 fois.

4. Mettez au frais pendant 30 minutes.

5. Enfournez et faites cuire pendant environ 25 minutes, la galette doit être bien dorée. 


20 minutes plus tard
vous observez le résultat à travers la vitre du four. Horreur : ce n'est plus une galette, c'est une catastrophe nucléaire. La 4e boulette de la journée ! Une partie de la frangipane s'est échappée par les bords et a brûlé sur la feuille de cuisson. Et votre galette est plutôt raplapla. Vous en riez de bon coeur avec J., parce que de toute façon, il n'y a pas mort d'homme.



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Finalement, après quelques coups de bistouri, la galette est devenue esthétiquement acceptable. Et elle est très bonne. Si le feuilletage avait été plus aérien, cela aurait été encore mieux. Mais il a été écrasé sous le poids de la garniture : vous en avez trop mis, sans doute, d'où l'explosion. Malgré cela, il vous reste plein de crème d'amande au frigo : chic, vous pourrez refaire une galette dès demain ; - )

 

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par Natalia publié dans : GÂTEAUX
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Dimanche 6 janvier 2008


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Saint-Gall, Stiftsbibliothek, ms. 340, XIe s.

Pour vous donner une idée visuelle de la musique qui accompagne mes expériences culinaires...



Après le Réveillon sans casseroles, l'Epiphanie sans galette. 2008 commence bizarrement.

Cette année comme les années précédentes, je n'avais pas l'intention de me lancer dans une galette entièrement maison. Jusqu'au 6 janvier 2008, faire une pâte feuilletée était quasiment impensable, pour la maladroite et impatiente que je suis. Un truc qui allait me stresser (comme si j'avais besoin de ça...) et me faire perdre une demi-journée, pour un résultat que j'imaginais forcément décevant. Non, j
e voulais bien faire une galette, mais avec la pâte feuilletée du supermarché. Seule la frangipane et la cuisson seraient home made.

Le problème, comme dirait mon homme, c'est qu'à Paris, quand on a une idée, il y a toujours 20 000 autres personnes qui ont la même, au même moment. En ce week-end de l'Epiphanie 2008, acheter de la pâte feuilletée toute prête était à peu près aussi illusoire que trouver deux places pour le concert anniversaire en hommage à Stéphane Grappelli à la salle Pleyel.

Des pâtes brisées, sablées, des pâtes à pizza, il y en avait tant et plus dans les rayonnages des Monop', Franprix, G20 et autres Picard. Des pâtes feuilletées, je n'en ai pas vu une seule. A croire que tout le monde avait décidé de faire une galette des rois...

Dimanche midi, après avoir inspecté les rayons de quatre enseignes différentes, je me suis dit que la situation était désespérée. Deux solutions : acheter une galette chez le boulanger, ou se lancer dans la confection de la pâte feuilletée et reporter la dégustation de quelques heures, voire d'un jour (et tant pis pour le calendrier liturgique).

J'ai vite opté pour la seconde solution, après avoir consulté une source solide et rassurante : la recette de Joël Robuchon testée et approuvée par Pascale Weeks. Tout en préparant mes conférences de musicologie (voir la belle image ci-dessus), une confiture de kiwis et un pot-au-feu (tout ça pas exactement au même instant, pour être tout à fait sincère, mais tout de même en un seul après-midi), j'ai réalisé mes 6 tours de feuilletage réglementaires. Finalement, ce n'était pas insurmontable... suffisait juste d'être un peu hyperactive voire masochiste.

 

Ingrédients pour 500 g de pâte feuilletée :

- 200 g de farine
- 150 g de beurre (doux) bien ferme
- 70 g de beurre fondu (j'ai utilisé du beurre 1/2 sel, du coup, je n'ai pas rajouté de sel)
- 1 pincée de sel
- 80 g d’eau
- 50 g de farine pour étaler la pâte
- ma touche personnelle : une gousse de vanille pour parfumer la pâte

 

1. La détrempe : fastoche !

Mettez la farine dans un grand saladier et creusez un puit au centre. Faire fondre les 70g de beurre, laisser refroidir, ajouter le sel (sauf si vous prenez comme moi du beurre demi-sel) et les graines de la gousse de vanille. Versez ce liquide dans le puit et mélangez rapidement du bout des doigts. Formez une boule, fendez-la en croix à l’aide d’un couteau (ce que j'ai oublié de faire). Emballez cette pâte (que l'on appelle la détrempe) dans du film transparent et laissez-la au réfrigérateur ½ heure (ou un peu plus, ce n'est pas gênant).

2. Idéal pour les mains sèches

Au bout d’une ½ heure, sortez 150g de beurre doux du frigo, posez-le sur du papier sulfurisé et formez ce beurre en un carré, sur 1 cm d’épaisseur, en vous aidant d'un rouleau à pâtisserie. Tassez avec vos mains ou avec une règle pour que les bords du carré soient bien nets et droits.

pate-feuilletee1-copie-2.jpg
    

 

un joli carré de beurre, façonné à la main...

 

3. Attention, ça se complique...

Farinez légèrement le plan de travail. Sortez la détrempe du réfrigérateur et étalez-là en forme de croix. Le centre doit avoir la forme d’un carré de la taille du carré de beurre.

pate-feuilletee3.jpg


Quelque chose m'échappe : comment faire pour étaler une boule de pâte en forme de croix ? Sans doute un mystère inaccessible à la mécréante que je suis. Il faut dire, j'ai péché par négligence dès la première étape, en oubliant de fendre ma détrempe... Enfin, en trichant en peu (encore un péché) on finit par y arriver
.

 

4. Profitons-en, le plus dur est à venir...

Posez le beurre au centre de la croix et rabattez les 4 bras de façon à obtenir une enveloppe carrée. Farinez légèrement cette enveloppe.


pate-feuilletee4.jpg

pate-feuilletee5.jpg



5. On arrive au moment crucial

Abaissez le carré de pâte obtenu en un rectangle d'une longueur trois fois supérieure à la largeur (entre 30x10 et 36x12 cm environ). Essuyez l’excédent de farine avec une brosse ou du papier absorbant. Pliez ce rectangle en 3, de façon à obtenir de nouveau un carré. Tournez-le d'¼ de tour vers la gauche, farinez-le puis étalez-le en un rectangle aux mêmes dimensions que précédemment. Retirez à nouveau l’excédent de farine. 

A partir de ce moment, le beurre a eu tendance à s'échapper un peu sur les côtés de la pâte, du coup j'ai rajouté de la farine plus que je n'en ai enlevé...

Pliez le second rectangle obtenu en trois : le premier double tour est terminé. Enfoncez 2 doigts sur un angle de la pâte (pour ne pas perdre le nord). Emballez ce carré dans un film plastique et laissez reposez au frais ½ heure minimum.


6. On remet ça

Sortez la pâte du frigo, recommencer les opérations de l'étape 5. C'est le second double tour : enfoncez fois 4 doigts dans un angle du carré, ainsi si vous jonglez avec deux ou trois autres activités (et que vous êtes de toute façon d'une incorrigible distraction (c'est mon cas), ça vous aidera à vous y retrouver pour l'étape suivante. Laissez la pâte reposer à nouveau ½ heure.


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7. Et une dernière fois, pour parfaire la technique

Reprenez une dernière fois le point 5 pour donner le troisième double tour. Laissez encore reposer ½ h (ou plus) au frais avant d'utiliser la pâte.

 



Conclusion : ce n'est pas si terrifiant que je le pensais.

En tout, pour réaliser une pâte feuilletée, il faut prévoir environ 3 heures de délai. Cela ne veut pas dire que l'on va travailler pendant tout ce temps : la préparation elle-même nécessite tout au plus 30 à 40 minutes (sans doute moins quand on n'est plus un débutant).

Enfin, il n'est pas nécessaire d'intervenir précisément toutes les 30 minutes, on peut laisser la pâte reposer 1h ou plus entre deux tours. Finalement, le plus difficile est de réaliser des abaisses bien proportionnées et d'étaler la pâte sans faire sortir le beurre qui est emprisonné dans les plis.

Concernant le résultat gustatif, je ne peux pas vous en dire plus pour le moment. Pour ne pas avoir l'air déraisonnable aux yeux de mon homme (si tant est que ce soit possible...), la confection de la galette a été reportée à demain soir. Affaire à suivre !

P.S. du 07/01/08 : comme le note
Ours de Pyrène, pour remédier au problème du beurre qui s'échappe, il suffit sans doute de remettre la pâte au frigo 1/2 h entre l'étape 4 et 5, de façon à le raffermir. Curieusement, cela n'était pas précisé dans la recette d'origine, que j'ai suivie (à tort?) à la lettre. Après coup, pourtant, il paraît évident que le beurre était devenu un peu trop mou.

 

par Natalia publié dans : GÂTEAUX
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Vendredi 21 décembre 2007


Mes (petits) talents culinaires s'expriment surtout dans la fabrication de douceurs, comme vous l'aurez noté si vous parcourez les index de recettes du blog. Pourtant, je ne suis pas du genre à me nourrir de sucreries à longueur de temps. En plus, dans le registre sucré, je me passe parfaitement bien de tout un tas de choses. Entre autres : 

- les vrais gros gâteaux, ceux qui accumoncellent les strates géologiques, style génoise alternant avec des couches de crème (au beurre, tant qu'à faire) ou de confiture, le tout surmonté d'une superbe meringue ou de chantilly. Ce genre de pâtisserie m'écoeure dès la 2e bouchée. 
 
- les desserts gélatineux. Désolée pour Cléa, Mercotte et toutes les virtuoses du dessert-au-verre-tout-léger-et-qui-tient-tout-seul : ces choses gélifiées ont beau être jolies à voir et plus aériennes que les gâteaux à la crème, mon gosier ne leur trouve aucun charme.
 
- les bonbons (en plus ça me donne des aphtes).

 

Dans la première catégorie, il y a un truc de saison que je n'aime pas du tout (vous me voyez venir ?), c'est la bûche de Noël. En épousant un homme d'origine polonaise, j'ai découvert une merveilleuse alternative à la bûche : le makowiec (prononcez ma-ko-vitch). 

 
 

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Il s'agit d'un biscuit brioché (ou non, ça dépend des recettes) roulé et fourré avec une farce au pavot. C'est par excellence le dessert de Noël en Pologne. Mais on trouve des roulés au pavot à peu près partout en Europe centrale et orientale. Avant de découvrir le makowiec, je connaissais déjà d'autres formes de pâtisseries à base de pavot. Lorsque j'habitais dans le 3e arrondissement (il y a assez longtemps... au début de mes études...) je passais régulièrement rue des Rosiers pour m'offrir une part de ces merveilleux gâteaux au pavot. 

Ce sont mes beaux-parents qui m'ont fait découvrir le makowiec : j'ai tout de suite adoré, si bien qu'à une époque, chaque fois que nous allions leur rendre visite (et pas qu'à Noël, donc), il y en avait au menu. 


Makowiec (roulé au pavot polonais)


Pour la pâte :

- 250 g de farine 
- 75 g de sucre 
- 1 oeuf entier + 3 jaunes 
- 75 g de beurre 
- 5 cl de lait 
- 1 sachet de levure de boulangerie ou 20g de levure fraîche

Pour la farce :

- 250 g de graines de pavot 
- 1 oeuf entier + 1 blanc 
- 25 g de beurre fondu 
- 1 cuillère à soupe d'essence de vanille 
- 4 cuillères à soupe de zestes d'orange confits en petits dés 
- 40 g de petits raisins de Corinthe que l'on aura fait gonfler 
- 25 g de noix ou d'amandes moulues 
- 100 g de sucre

1. Faire tremper les graines de pavot (étape indispensable pour ramollir les graines ; peut se faire la veille) :  ébouillanter les graines de pavot dans une grande casserole remplie d'eau pendant 5 minutes. Retirer du feu et laisser gonfler au moins 2 heures. Egoutter soigneusement à l'aide d'une étamine ou d'un torchon propre. Mixer longuement les graines de pavot pour les faire éclater : cette opération est un peu pénible car elle prend du temps, car les graines sont très petites (utiliser un mixeur plongeant ou un blender). Réserver.
 
2. Préparer la pâte : délayer la levure dans le lait tiédi (pas chaud sinon l'action de la levure ne se fera pas). Mélanger à un peu de farine, puis ajouter le reste de farine, le sucre, le beurre à température ambiante, l'oeuf et deux jaunes d'oeufs (garder le 3e pour dorer la pâte au moment d'enfourner). Former une boule qui doit être souple mais pas collante, sinon ajouter encore un peu de farine. Couvrir et laisser reposer la pâte à 23°C-25°C pendant 2h. 

3. Préparer la farce au pavot : mélanger les graines de pavot mixées avec le sucre, le beurre fondu, l'oeuf et les blancs, la vanille, les raisins secs, les écorces confites et les amandes ou les noix moulues. 

4. Farcir la pâte : Préchauffer le four à 160°C. Dégazer la pâte et l'étaler sur 1 cm de hauteur environ. Elle ne doit pas être trop fine sinon la farce fera éclater le gâteau à la cuisson. Etaler la farce au pavot sur la pâte en laissant 2 cm sur les bords. Rouler sans trop tirer sur la pâte pour ne pas la fragiliser. Souder les bords. Dorer le dessus avec un jaune d'oeuf mélangé à un peu de lait. (On peut utiliser une feuille de silicone, ou un torchon) qui facilitera le roulage et le transport de la pâte jusqu'au four). 

5. Faire cuire le makowiec environ 40 minutes. Pour éviter qu'il ne s'affaisse sous le poids de la farce on peut l'enfermer dans une feuille de papier cuisson fermée par des épingles (prévoir large car il va gonfler un peu) ou le déposer dans un moule à cake (mais il risque de prendre une forme un peu carrée). 
Ce roulé est un peu long et délicat à réaliser mais le résultat en vaut la peine... 

Pour parfaire la présentation, on peut confectionner un glaçage avec du blanc d'oeuf et du sucre glace (1 blanc légèrement fouetté avec 200g de sucre glace), et ajouter des écorces d'orange et des cerneaux de noix.




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Enfin, on sert le makowiec avec un peu de chantilly (si on aime) ou une crème anglaise, et une bonne tasse de thé.

Petit truc : si on est pressé (parce qu'il faut bien reconnaître que la préparation de la farce est un peu fastidieuse), on peut toujours acheter une boîte de conserve avec du pavot tout prêt (y compris les écorces d'orange etc.) :

Masa-Makowa.jpg

Je ne sais pas si on en trouve à Paris. Sans doute que si, si on cherche bien. Ma belle-mère achète cela dans le Nord de la France, où l'immigration polonaise a été importante et où la tradition du makowiec, rebaptisé "macotch", est très vive. Cette préparation au pavot toute prête est bien pratique, mais il faut reconnaître que c'est moins bon que le "fait maison".

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Je vous souhaite à tous un Joyeux Noël

... et vous offre un peu de rêve d'enfance, avec cette vitrine d'un grand magasin de Munich...



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par Natalia publié dans : GÂTEAUX
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Jeudi 6 décembre 2007
 

Pain-d-epices.jpg

 


Récemment, le restaurant du personnel de la BnF s’est lancé dans un menu médiéval (pour changer des repas antillais, alsaciens ou moldo-valaques, et en attendant les agapes de Noël). On n’échappe pas à l’Histoire, dans cette noble maison, même à l'heure du déjeuner…
 
 
 
 
Au menu de cette aventure dans la cuisine de jadis : brouet sarrasinois (notez au passage que notre goût pour la cuisine exotique ne date pas d’aujourd’hui) et autres mets salés-sucrés-doux-amers ou franchement insipides. Le tout (anachronisme scandaleux!) dans des assiettes et avec des couverts : de nos jours, il y a des normes d’hygiène à respecter. Ce repas médiéval n’avait rien d’inoubliable. Le contraire eût été étonnant. Laissons cela.
 
 
 
Contrairement au brouet sarrasinois, certaines spécialités culinaires très anciennes ont traversé les siècles et les continents avec le plus grand succès : c’est le cas du pain d’épices, qui aurait été importé de Chine (encore de l’exotisme !).
 
 
 
Aujourd’hui, préparer un pain d’épices maison occupe 1 heure tout au plus. On mélange farine, épices, miel, levure et/ou bicarbonate de soude et quelques ingrédients variables selon les recettes, 50 minutes au four, et c’est prêt. Sauf que la fabrication du bicarbonate de soude remonte aux expériences de John Dwight et Austin Church en 1846 et que la levure chimique est née encore plus tard.
 
 
 
Comment faisait-on AVANT ? Avant, on était patient. On commençait par pétrir ensemble la farine et le miel afin de former une pâte-mère que l’on laissait reposer afin d’amorcer une fermentation. Bref, pas question de se lancer dans un pain d’épices le matin à 7h30 lorsqu’il faut être au bureau à 9h (comme moi). Au bout du temps requis (de deux semaines à trois longs mois), on passait au braquage (drôle d'appellation !), c'est-à-dire qu’on pétrissait à nouveau pour assouplir et aérer la pâte. On ajoutait alors les épices et tout le reste, et on faisait cuire (sans blague). 
 

Aujourd'hui, le procédé est toujours employé chez les professionnels, même s’ils utilisent quand même des agents levants au moment du braquage. Depuis quelques semaines je parcours la blogosphère en quête d’une recette utilisant la technique de la pâte-mère. J’ai fini par débusquer la recette de Christophe Felder (« Les gâteaux de l’Avent ») sur le blog Gorgeous and Delicious.  
 
 
 
 
 
En attendant que je vous livre le résultat d'une expérience inédite de fabrication de pâte-mère et de braquage, voici une autre recette de pain d’épices, nettement plus rapide, pas vraiment traditionnelle, mais  fondante et parfumée (aperçue ici).

Pain-d-epices-2.jpg

 

 
 
Pain d'épices aux noix

- 250 g de farine complète
- 120 g de miel (j’en ai mis 150g)
- 80 g de cassonade (j’ai mis 25g de sucre ordinaire)
- 30 g de beurre
- 15 cl de lait
- 5 cl de crème liquide
- 1 sachet de levure chimique (j’ai mis la moitié, et complété avec 1 c. à café de bicarbonate de soude)
- 1 cuillère à café de cannelle
- 1 cuillère à café de 4 épices
- 1 pincée de gingembre en poudre (j’ai mis de la cardamome)
- quelques grains d'anis vert
- 50 g de noix concassés (en plus de ces noix concassées, j'ai ajouté 50g d’un mélange d’amandes, noisettes et pistaches en poudre)
 
1. Préchauffer le four à 150°C.
2. Mélanger la farine, le sucre, les épices, l'anis vert, les fruits secs en poudre, les noix concassés et la levure.
3. Diluer le miel et la crème liquide dans le lait tiède. Verser le tout sur la farine puis mélangez pour avoir une pâte homogène. Beurrer un moule à cake et y mettre la pâte.
4. Faire cuire pendant 50 min.
 
 
Nadia propose de décorer le dessus avec du sucre granulé ou des morceaux de noix. Comme ce pain d’épices n’est pas très sucré, j’ai eu envie de le couvrir d'un glaçage, parce que cela me rappelle les petits pains d'épices de Nürnberg que j'aime tant. Ce "manteau de neige" est fait avec 150 g de sucre glace, 1 blanc d'oeuf et quelques gouttes de jus de citron. A étaler sur le pain d’épices bien refroidi (faire deux couches en laissant bien sécher entre les deux, c'est encore meilleur).

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par Natalia publié dans : GÂTEAUX
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Vendredi 30 novembre 2007