Depuis notre retour des Antilles, j'ai l'impression d'avoir replongé en plein mois de janvier. L'hiver s'est réveillé (et de mauvais poil) sur le tard, Pâques est tombé trop tôt cette année, bref tout est déréglé, plus rien ne va comme il faudrait.
J'ai du mal à me sentir en phase avec les jolis billets printaniers qui proposent des recettes pleines de fraîcheur. Par exemple, la dégustation virtuelle d'un Mojito junior (non seulement sans alcool, mais sans sucre, et avec plein de glaçons !) m'a figé les sangs au point que j'ai rallumé le petit chauffage céramique du bureau.
Enfin, je constate avec tristesse que cette année la mode pascale était au lapin. Or pour moi, rien ne remplace le couple œufs/cocotte. Entre poules et œufs, il y a un lien inaltérable. Au point qu'on ne sait pas toujours qui est qui, c'est bien connu (on a résolu le problème en inventant les œufs cocotte). Alors qu'entre les lapins et les œufs… y a quelque chose qui cloche.
Bon, j'arrête là les calembours miteux. Passons aux choses sérieuses.
Comme le suggérait si gentiment Lisanka dans son commentaire au précédent billet, j'ai songé un instant à vous livrer la recette du
flan coco. Finalement – moins par esprit de contradiction que pour renouveler un peu les menus de la semaine passée, très égoïstement – je me suis lancée dans quelque chose d'un
peu différent : un blanc-manger coco, autre dessert antillais. Je n'ai pas eu l'occasion d'en manger de bon, là-bas. Un soir, dans un restaurant, j'ai commandé un blanc-manger,
mais ce n'était qu'une sorte de crème écoeurante faite principalement de chantilly très sucrée et parfumée au coco, avec un coulis de framboises (^^ des framboises dans les îles, franchement, y a
pas plus typique !). Rien à voir avec ce que devrait être un blanc-manger, c'est à dire un dessert contenant un gélifiant, une sorte de cousin exotique de la panna
cotta.
Malheureusement, ma première tentative de blanc-manger coco a été décevante. Partie d'une recette utilisant de la gélatine en feuilles, j'ai remplacé cette dernière par de
l'agar-agar (je suis toujours méfiante face au côté élastique de la gélatine). Ce n'était peut-être pas une bonne idée. Ou alors, je n'ai pas dû bien dissoudre la poudre magique
dans le liquide, car mon blanc-manger était pris, mais vaguement granuleux.
Les restes de lait concentré sucré et de crème de coco du blanc-manger raté ont été reconvertis en un flan aux œufs improvisé qui s'est révélé bien plus intéressant que je
n'aurais cru, avec une consistance assez dense et surtout une délicieuse croûte dorée-caramélisée sur le dessus.
Pour 4 à 6 petits flans vanille-coco-rhum (en fonction de la taille de vos ramequins...)
- 60g de lait concentré sucré
- 5 cl de crème liquide
- 20 cl de
crème de coco (crème, et non lait de coco, c'est plus épais) (peut se remplacer par de la crème fleurette si on n'aime pas la crème de
coco)
20 cl de lait
- 4 œufs
- 6 c. à soupe de
miel
- 1/2 gousse de vanille
- 2 c. à soupe de rhum brun (rhum vieux)
1. Préchauffer le four à 120°.
2. Porter à frémissement la crème de coco, la crème liquide, le lait concentré sucré et le lait de vache, le rhum et les graines de la ½ gousse de vanille.
3. Dans une jatte, fouetter les œufs entiers avec le sucre de canne. Verser par-dessus le liquide frémissant, en filet, en fouettant constamment pour ne pas faire coaguler les œufs.
4. Répartir dans 4 ramequins en verre et faire cuire au bain-marie pendant 45 à 1 heure environ (très variable selon les fours, en fait). A la fin de la cuisson, les crèmes doivent être parfaitement prises, le dessus forme une croûte dorée.
Notez que le goût du miel ne se sent pas vraiment (c'était, en l'occurrence, du miel d'acacia). J'imagine (mais je n'ai pas encore essayé) qu'on peut le remplacer par la même quantité de sucre (roux, de préférence), sans que la différence soit décisive.
Ces crèmes n'ont pas fait 24 heures au frigo. J'ai dégusté la dernière en guise de goûter, avec une tasse de
thé Tieh Kuan Yin de chez Zenzoo Thesaurus, la nouvelle maison de thé-boutique de la rue Chabanais), tout en corrigeant les
versions latines de ceux qui, à la BnF, sont assez fous pour préparer le concours de conservateur...
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