Du chant plein les casseroles...

 


 


 


Rentrer du travail un peu plus tôt, passer chercher l’enveloppe tant attendue, rentrer chez soi, retarder le plus possible le moment de découvrir le résultat. Se résoudre à sortir la feuille de son contenant. Lire, replier le document. Encaisser le coup avec un certain fatalisme. Statistiquement, ce n’est pas une surprise. Le miracle du bébé-éprouvette n'est pas donné à tout le monde. C'est injuste, mais c'est ainsi.


Déballer un colis de colorants en poudre et songer à la couleur des prochains macarons. Sentir la colère monter. Envoyer à la poubelle, avec fracas, quelques tasses à thé ébréchées que l’on s’obstinait à garder dans un coin, des fois, là aussi, qu’un miracle se produise...


S’en vouloir de ne même plus avoir envie de recommencer, laisser s'installer une tristesse muette qui ressemble à de l’indifférence. Laisser J. lâcher un « M….e ça fait ch….r », ce qui, dans son cas, est l’expression de la plus amère déception. Suivi d'une bonne question : « Qu'est-ce qu'on va faire ? »


Qu’est-ce qu’on va faire ? Comme d'habitude.

- entamer la lecture d’un nouveau roman

- battre son record au Bubble breaker sur le Pocket PC

- se laisser bercer par le style brisé (= arpégé) d’une sarabande, encore une sarabande. D'un luthiste français du 17e siècle, François Dufaut.


 


cliquez sur la photo pour écouter la 'zique

 


- s’offrir les bienfaits d’une molécule miracle pour mettre un terme à cette journée noire, en espérant un puissant effet amnésique au réveil.

- s’habituer une fois pour toutes à ne pas voir le bout du tunnel, tout en se répétant que la voie n'est pas sans issue.

 

 


Un couloir de la BnF


- célébrer le début du printemps (enfin !) avec des asperges vertes, des petits pois, des carottes nouvelles, et des copeaux fondants de parmigiano reggiano. Le tout réuni dans un risotto cremoso cremoso, morbidissimo morbidissimo (j'adore ce mot italien qui signifie "très moelleux", mais il sonne généralement mal aux oreilles des francophones, à qui il rappelle un mot qui n'a pas du tout le même sens...). Ce risotto de printemps est un grand classique italien, comme vous savez sans doute.

 

 



Le risotto al dente et onctueux en même temps, c'est très facile à faire contrairement à ce qu'on peut s'imaginer. Il faut juste choisir de bons ingrédients (des légumes frais, en l'occurrence) et surveiller de près la cuisson du riz au bouillon, ce qui suppose de ne pas s'éloigner de la poêle pendant 15 à 18 petites minutes. C'est tout ! C'est bête comme chou. Et ça en jette, quoi qu'il arrive.


Après ça, on ne peut que continuer à aimer la vie et ses petits plaisirs ! 


Note du 16/05/08 : cette recette est ma contribution au jeu Recettes tradition qu'organise Marie-Laure, dont le site Ô Délices compera bientôt 1000 recettes (bravissima !)

 

 

Risotto onctueux aux asperges vertes


Pour un couple sans enfants :

 

- 100g de riz italien (variété Arborio ou Carnaroli)

- 1 poignée de petits pois frais écossés

- 1 botte d'asperges vertes

- 1 carotte nouvelle

- 2 tiges de cive (ou des etits oignons grelots)

- 1 gousse d'ail nouveau

- 7,5 cl de vin blanc sec

- 3 cs de crème fraîche épaisse : 1 pour lui, 1 pour vous, 1 pour... le plaisir et l'onctuosité

- 1 cs d'huile d'olive

- sel, poivre du moulin

- 30g de parmigiano reggiano en copeaux

- 1 noix de beurre (20g)

- 1 litre de bouillon de volaille + 1 cs rase de fond de veau déshydraté (résultat final plus goûteux...)

 

 

1. Rincer les asperges, les sécher, couper et réserver les pointes.


2. Tailler les tiges d'asperges en brunoise après avoir éliminé les parties filandreuses (s'il y en a). Tailler la carotte de même, en tout petits dés. Emincer les tiges de cive et hacher la gousse d'ail.

Pour faire mes brunoises en 10 secondes top chrono, je dispose d'un instrument génial, repéré dans un catalogue de VPC pour mamies, mais qui me rend bien des services... On pose les légumes sur la grille métallique, on rabat le dessus et hop, on récupère une brunoise parfaitement régulière.


 



3. Faire chauffer le bouillon et la cuillérée de fond de veau dans une casserole. Poser par dessus un panier vapeur avec les pointes d'asperges pour qu'elles cuisent pendant la préparation du risotto (ou faire cuire les asperges à la vapeur, à part) (dans tous les cas, le bouillon doit rester sur le feu jusqu'à la fin de la préparation).


4. Dans une grande poêle, faire revenir les tiges de cive et le riz dans l'huile d'olive, à feu doux. Lorsque le riz devient translucide, ajouter le vin blanc, la brunoise d'asperges et de carottes ainsi que les petits pois.

 

5. Lorsque le riz a absorbé tout le vin blanc, ajouter une première louche de bouillon. Attendre qu'il soit complètement absorbé par le riz avant d'ajouter la deuxième louche. Continuer ainsi de suite jusqu'à ce que le riz soit juste cuit (15 minutes environ). Goûter pour vérifier. Surveiller la cuisson des pointes d'asperges et les retirer du panier vapeur dès qu'elles sont al dente ; les réserver.

 

6. Ajouter au risotto la crème fraîche, les pointes d'asperges et les copeaux de parmesan. Terminer par une noix de beurre coupée en petits morceaux. Remuer délicatement. Goûter et rectifier l'assaisonnement en sel et poivre si nécessaire. Laisser reposer 2 minutes à couvert : il riso sarà più cremoso e morbido, il parmigiano leggermente fuso (riz plus crémeux et moelleux, parmesan légèrement fondu).



Pour finir : il m'arrive de mettre quelques pistils de safran dans le bouillon de volaille. Cela donne une jolie couleur au riz, et un goût caractéristique. Mais je crois que je préfère ce risotto nature. On sent mieux le goût des asperges vertes sans le safran.


 


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Dim 27 avr 2008 20 commentaires
Oh... ce billet a une saveur étrange, amère et douce, je ne sais que penser...
Alors mille pensées.
patoumi - le 27/04/2008 à 23h23
Patoumi, tu as l'art de dire les choses... avec délicatesse. Merci pour ces pensées...
Natalia
Ah, je le redoutais.
Tous les moyens sont bons pour sortir du tunnel. J'espère que tu en verras le bout.
(Ciel, tu as cet instrument génial pour feignasses ;-) J'ai hésité plusieurs fois à me l'acheter... La prochaine fois que je le vois, je l'emporte avec moi !)
La Mangue - le 28/04/2008 à 00h04
Oui, ça va déjà mieux, puisque je réponds aux commentaires ; -) et que je participe à des jeux "à la con" (c'est Marion qui l'dit). L'instrument en question vaut vraiment le coup, je trouve. Et il ne prend pas beaucoup de place...
Natalia
La sarabande est très belle (ça me parle un peu plus que le chant grégorien ;-)), mais comme je n'y connais rien, il faudra que tu m'expliques.
J'adore le point d'exclamation de "On original lute!". Excellent !
La Mangue - le 28/04/2008 à 00h14
je comprends tout à fait ce point de vue (sarabande / chant grégorien). Oui, ce point d'exclamation m'a amusée aussi. J'essaierai de t'en dire un peu plus un de ces jours. Faut vraiment qu'on sorte de cette BnF de temps en temps ;-)
Natalia
Tu as l'air plus philosophe que lui, mais peut être n'est qu'une façade... Je te souhaite aussi de voir le bout du tunnel, en attendant carpe diem, y compris dans ce risotto !
Tiuscha - le 28/04/2008 à 07h10
Ah, la façade... il y aurait beaucoup à dire... et puis pas mal d'hommes sont ainsi faits...
Natalia
Voilà un somptueux risotto qui permettra peut-être de se remettre de toutes les mauvaises surprises. prends soin de toi et ne désespère pas,

Lisanka
Lisanka - le 28/04/2008 à 07h34
merci Lisanka. Le désespoir (passager) fait aussi partie de la vie... on remonte toujours la pente!
Natalia
allez le printemps arrive...ça fait du bien! joli risotto
anne - le 28/04/2008 à 07h38
Le grand principe de la vie est de toujours lui faire confiance et ne jamais désespérer mais, je ne l'ignore pas, c'est plus facile à écrire qu'à pratiquer. En plus, le temps nous est parfois compté.. Mille affectueuses pensées..
Ce risotto ressemble étrangement à celui que j'ai fait hier ... mais je suis sûr que le tien était "encore plus morbidissimo" !
Ours de Pyrène - le 28/04/2008 à 07h45
les grands esprits se rencontrent ! Bisous
Natalia
Qui dit printemps dit revouveau...en attendat ce bout du tunnel tant espéré, je vous souhaite bon courage!
mayacook - le 28/04/2008 à 09h23

J'ai lu avec beaucoup d'émotion ton message, je comprends ta peine... Mais ne t'arrête pas en si bon chemin... Allez hop ! il faut recommencer ! CA MARCHE, j'ai plein plein d'exemples autour de moi. Je te comprends d'autant que je n'ai jamais eu le bonheur d'avoir un enfant, mais moi je n'ai jamais tenté les FIV. Allez hop, mettez-vous au travail tous les deux !!!! si on peut appeler ça travail et j'espère lire chez toi dans les moi qui viennent une bonne nouvelle.
Bisous,

Marie-France - le 28/04/2008 à 09h29
Merci pour ton soutien, j'y suis très sensible... je pense qu'une fois ce cap passé, la volonté reprendra le dessus. Et puis il y a une vie en dehors des bébés et des FIV... heureusement.
Natalia
Je partage ta déception tout en écoutant cette sarabande mélancolique.
Il ne faut pas se laisser abattre. plusieurs exemples montrent qu'on peut y croire.....
Vais-je m'attaquer au risotto? Cela fait envie!!!
big bisous.
corne de gazelle - le 28/04/2008 à 18h02
Bon risotto, à + alors
Natalia